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HordeGame : Empire - Le Poing des Titans
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04/05/09 à 18:48:23
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Il n'en pouvait plus. Ses côtes lui faisaient mal. Ses poumons étaient en feu. Il ne sentait plus ses jambes. Pourtant, il courrait. Comme s'il avait la mort aux trousses. Ou plutôt un dragon. Pour la énième fois, il entendit le rugissement de la bête. Derrière lui, la forêt fut détruite, brulée par ce feu surnaturel. Arkmar courrait encore. Ne voulait plus courir. Mais voulait vivre.

Le dragon poursuivait patiemment sa proie. Il ne se pressait pas. Il avait le Temps. Encore une minute et ce serait fini. Le béhémoth de bronze soupira mentalement. Quel mortel était assez stupide pour se mêler à la rivière infinie du Temps que gardait le vol de bronze ? Le pauvre orc n'allait pas tarder à mourir. Au mauvais endroit au mauvais moment. Mais rien ne devait filtrer. Le vol Infini ne savait peut être pas précisément quelle était la nature de la faille, mais au moins était elle inter dimensionnelle, sans quoi on ne lui aurait pas confié cette mission.

Une silhouette se faufile, rapide comme l'éclair, entre les arbres du marécage. Aucun signe d'affaiblissement. Cette filature ne la fatigue nullement. Elle sait être patiente. Elle regarde vers le ciel, pour y apercevoir le béhémoth scintillant traquant sa proie. Elle s'est déjà permis de fouiller un peu l'esprit du dragon. Si puissant, et pourtant si démuni face à son pouvoir. Il ne s'est même pas rendu compte de la présence de l'esprit étranger. On ne peut pas se défendre contre ce qu'on ne connait pas. Encore moins quand on ne pourrait pas en soupçonner l'existence.

La perquisition mentale est bonne, pleine d'informations intéressantes. C'est au tour de la silhouette de soupirer. Les dragons savent-ils à quel point ils se trompent ?

Arkmar s'affaisse sur sa hache. Il arrive à tenir debout, au prix d'un grand effort. Il n'est pas habitué à d'aussi intenses efforts. C'est la fin. Le dragon est sur lui. Il l'a piégé. Ou plutôt Arkmar s'est lui même piégé, en fuyant dans la direction que lui avait imposé son chasseur. Il s'était laissé avoir comme un bleu. Et il allait en payer le prix. Au dessus de lui, le dragon inspira, prêt à déverser sur lui un déluge de sable ardent. Sang et Honneur. Il mourrait sans aucun des deux. Abattu loin de tout, au fond d'un marécage, comme une proie sans défense, et naïve. Quelle Honneur à cela ? Aucun.

La furtive silhouette fit un sourire. Plein de dents. Des dents de prédateur. D'un Prédateur. A dix mètres du sol, écrasant l'orc de son ombre, le dragon allait achever sa mission. Voulu l'achever. La silhouette bondit.

Arkmar la vit. A peine plus grande que lui. Une simple ombre, à la lisière de la forêt. Qui fit un bond inhumain. Bond qui l'amena au contact du dragon. Le choc fut terrible. Bien plus pour le géant de airs que pour la silhouette. Il alla s'écraser sur le flanc de la montagne, mit hors de combat en un seul coup. L'ombre se posa avec souplesse à quelques pas de lui, pour se dévoiler à son regard. Un worgen. L'orc en avait vu dans les livres. Mais la créature était différente. Une fourrure extrêmement sombre, des crocs blancs et un corps fin, se tenant aussi bien sur deux que quatre pattes. Un cousin des loups, alors ? Non, il émanait de son sauveur un aura incroyable. Une aura qui le rendait respectable. Un respect animal. Pour quiconque doué pour la survie. La créature était un prédateur hors du commun. Tous ses muscles étaient bien plus puissants qu'il n'y paraissait. Puis une chose capta l'attention d'Arkmar. Les yeux du monstre. D'un vert très pur. Comme deux émeraudes. Ces yeux lui rappelait indéniablement quelqu'un.

- T'as fini de me dévorer des yeux ? On n'a pas que ça à faire, faut qu'on reparte. On a deux-trois trucs à faire. En premier échapper aux deux autres dragons, ensuite... ben ensuite... tu verras bien.

Son sauveur se retourna et fit mine de repartir. S'apercevant que l'orc ne bougeait pas d'un pouce, l'étrange loup entama sa transformation.

- Kealthei ? s'étonna l'orc.
- Ben quoi, tu t'attendais à quoi ? A un troll ?

Comme hypnotisé par le gamin en armure, Arkmar se releva et le suivit. L'orc fronça les sourcils. L'humain avait "deux-trois trucs" à faire ? Et bien l'orc avait bien "deux-trois trucs" à lui dire.
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04/05/09 à 18:49:03
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Il fulminait. Alors comme ça, deux pauvres mortels leur causaient des problèmes ? Trois dragons partis en mission, un dans le coma, et dans l'incapacité de voler. Le dernier avait peut être un peu tiré au flanc, rentrant ainsi indemne au sanctuaire. Un orc et un humain. Un couple peu ordinaire. Qui avait réussi à mettre hors combat deux des béhémoths. Sensé être parmi les créatures les plus redoutables de toute la planète. Les explications avaient été confuses. A leur retour, les deux gardiens de bronze encore conscients racontaient le déroulement de la mission. A peine arrivés, les deux mortels avaient repoussé leur assaut grâce à une puissante barrière magique, indétectable, d'une magie différente que celles déjà connues. A ces mots, le grand dragon de bronze chargé d'entendre leur rapport secoua la tête. Ces deux idiots racontaient n'importe quoi. Peut être en saurait-il plus au réveil du troisième. Il attendait donc la version du comateux pour se prononcer sur l'état de la mission.

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Alors même que les gardiens de bronze vaincus faisaient leur rapport, Joanessen méditait. Il se trouvait dans une charmante grotte, assis sur un trône de pierre un peu cliché, en bordure d'un lac. L'air était frais. C'est du moins ce que lui avait dit son bras droit, un humain encore bien vivant du nom de Filitas. Celui ci, penché au dessus de son bureau, écrivait, lisait et faisait les comptes de son maitre. La lumière se fit moins vive. Un troll entrait dans la caverne.

- Salut, mec !

Joanessen ne répondit pas. Il répondait rarement, uniquement quand il en avait envie. Et ce n'était pas le cas maintenant. Le troll sembla un peu embarrassé par le mutisme de mort-vivant et se tourna vers l'humain, cherchant de l'aide. Filitas vint à son secours :

- Présentez vous, et dites quelle est votre requête.
- Graz'vin, chaman-conseiller du chef de tribu Vril'jin, deux mètres dix neuf de haut, soixante-douze kilos...
- Allez un peu plus droit au but, ou je me ferais un plaisir de vous raccompagner droit chez vous... sous la forme d'une goule puante.

Le troll frissonna. L'alchimiste n'était pas très engageant.

- Ce serait un problème d'ogre.
- D'ogre ? répéta lentement le mort-vivant.
- Ils empiètent de plus en plus sur nos terres, ils sont gros, ils sont forts, et ils sont trop stupides pour avoir peur du vaudou...
- Je vois, intervint Filitas, veuillez signer le registre ici et là, nous vous recontacterons lorsque nous seront disposés à prendre en charge votre requête.
- Merci, mec.

Graz'vin signa rapidement et partit sans demander son reste. Cette petite discussion lui avait fait des frissons dans le dos. Rien que le troll ne puisse aimer. Il cria un "troll cool !" et se jura de recommencer le plus vite possible.

Dans sa grotte, l'alchimiste anciennement au service de la dame noir replongea dans sa méditation. Les ogres lui seraient utiles, encore fallait-il bien agencé son plan. Il fit un petit mouvement de main vers la parois droite de la grotte. Un cercle noir agité de violet apparu. Il en sortit une goule, toute fraiche de ce matin. Un ordre et elle fut dehors, à courir vers sa destination finale, le territoire des ogres.

_______________

- Allez, grouille ! s'impatienta le jeune homme.
- T'es pas très patient, répondit l'orc qui l'accompagnait.
- C'est toujours mieux qu'avoir deux de tension !
- Deux de quoi ?
- Laisse tomber.

L'orc commençait à penser qu'il avait eu une très mauvaise idée en décidant de suivre l'humain. Voilà deux jours qu'il avait échappé aux dragons, et deux jours qu'ils marchaient dans les marécages. Il était épuisé. Bientôt un désert de terre sèche et grise remplaça la luxuriante forêt. Pas trop déçus de quitter cet endroit peuplé de créatures aux gouts carnivores (à leurs dépends, puisqu'elles avaient finis en ragout pour les deux compagnons), ils s'autorisèrent une courte pause.

***

- Enfin !
- De quoi ?
- Enfin sortis de cette forêt moisie... franchement pas trop tôt.
- Va falloir t'habituer.
- T'es quand même un sacré rabat-joie, pour un jeune.
- Je suis un orc.
- Et ?

Avec un soupir, l'orc lui demanda de laisser tomber, ce que, étrangement, son compagnon fit, contrairement à son habitude. Il venait de voir l'immense tour à l'horizon. Karazhan. Instinctivement, l'humain qui marchait aux côtés de l'orc rabattit son capuchon sur son visage, le dissimulant aux regards inquisiteur d'Arkmar.

- Je sens jusqu'ici la magie qui hante cette tour.
- Les souvenirs et les démons qui l'arpentaient librement ne sont plus. Le Kirin tor s'en est chargé.
- Tu sais beaucoup de choses, pour un simple guerrier.
- Disons que j'ai reçu une bonne éducation.
- Âme en peine... Mort... La guerre a fait beaucoup de dégâts en ce monde.
- Et une autre est en cours. Le Roi Liche s'est réveillé. Quelques mois avant ton arrivée, une nouvelle peste a ravagé Azeroth tout entier. Deux semaines plus tard, la Horde et l'Alliance, qui avaient tout juste finis de compter leurs morts, ont rassemblé leurs troupes et les ont envoyés en Norfendre. La dernière grande affaire qui a ébranlé ce monde est la rébellion de Fossoyeuse.
- La capitale des Réprouvés ?
- Un agent de la Légion Ardente s'en ai emparé, aidé des apothicaires. L'Alliance a aidé la Horde à reprendre la ville, mais a failli déclencher une bataille. Une puissante sorcière du nom de Portvaillant a téléporté toute l'armée avant qu'il n'y ai un massacre.
- Toute l'armée ?
- Comme je te le dis.
- Dis moi...
- Oui ?
- Êtes-vous tous aussi bien informés ? Quels sont les moyens par lesquelles vous apprenez toutes ces choses ?

***

Alors l'humain s'assit et l'orc l'imita.

- Raconte moi ton monde.

Et Arkmar lui raconta. Il commença par ce qu'il savait de la création du monde. Puis continua avec la guerre des Anciens. Encore et encore, l'orc raconta. Au bout d'un moment, alors que le soleil se couchait, il s'arrêta.

- Il est l'heure de s'installer.
- Et de manger. Et de dormir.

L'humain ne bougea pas d'un pouce, pas plus que l'orc.

- J'ai la flemme...
- Pour tout te dire, moi aussi.
- Attend, je connais un petit tour marrant.

Kealthei leva ses deux mains, les doigts crispés sur des sphères invisibles. Sortant du sol violemment, des couvertures et de quoi se restaurer apparurent.

- Étrange magie.
- Mais efficace.

Arkmar dut admettre qu'il n'avait pas tort. Après tout, ce n'était pas la force du guerrier qui avait repoussé les géants des airs. Il se reposa la question de savoir si la transformation de son compagnon était magique ou non. Selon toute évidence, oui. Mais Arkmar n'était pas si sûr que ça. Il se promit de questionner Kealthei à ce sujet dès qu'il y penserait.

L'orc était un compagnon très discret, parlant peu. Il ne posait aucun problème, encore moins des questions. Il acceptait très bien le fait de voyager avec un humain, du moins pour un peau-verte. "Kealthei"se retourna sous ses couvertures. Il put observer la tour. Karazhan émettait des pulsations magiques étranges. Même lui, qui maitrisait peu la magie d'Azeroth, les sentait. Le jeune homme ferma les yeux. Les rouvrit. Ils luisaient dans la pénombre. De la fumée verte s'en échappait, disparaissant dans la nuit. Deux émeraudes dans le noir. Brillantes comme deux avertissement lancés à tous ceux qui s'en prendraient à eux. Aucun n'arriverait à les battre. Bien peu survivraient. Encore moins s'y attendraient.

Lorsque l'heure de se battre sonnera, les tambours de guerre résonneront une dernière fois. Avant de s'arrêter dans le silence qu'il instaurerait. L'empereur allait s'occuper de ce monde monde. Seul.
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04/05/09 à 19:06:25
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- Nous allons passer par les montagnes.
- Par les montagnes ? Tu est fou ?
- Je sais ce que je fais. Ils nous suivent toujours.

Arkmar grogna. Ce jeune homme ne tenait décidément pas en place. Vouloir passer par les montagnes au sud de Karazhan ! Quelle folie ! Digne du mage-guerrier. Pourtant, depuis quelques jours, les saillies de Kealthei se faisaient moins nombreuses. Il devenait sérieux, et gardait en permanence sa capuche, cachant son visage dans l'ombre. Arkmar avait l'impression de voyager avec un fantôme grincheux et autoritaire. L'orc observa un moment son compagnon, puis détourna la tête pour observer les alentours. Un village depuis longtemps déserté par la vie. Les bâtisses moisies et grises de poussière s'alignaient le long de l'artère principale, qui finissait sa course au pied de la grand tour. Karazhan se perdait dans les nuages, pourtant peu nombreux, empêchant Arkmar d'apercevoir son sommet.

- Que sais tu de cet endroit ?
- Peu de choses, répondit-il, c'est l'Alliance qui s'en est occupée.
- Elle a déplacé ses hommes jusqu'ici ?
- Pas vraiment, hésita l'orc.
- explique moi.
- Depuis toujours, des personnes se sont senties l'âme d'explorateur, de vagabond ou de chevalier errant...
- Des chevaliers errants, des explorateurs et des vagabonds ont nettoyé la tour ?
- Laisse moi continuer !
- Excuse moi, bafouilla Kealthei, surpris par la réaction de son compagnon.
- Depuis environ cinq ou six ans, ces personnes qui voyagent seules,nous les appelons des aventuriers. Ceux-là vivent pour le pouvoir, la richesse, la guerre, un idéal qui les pousse à aller seuls. Ces dernières années, leur nombre s'est multiplié, ils seraient des milliers à arpenter le monde. Ils viennent en aide à leur faction ou d'autres partis, en échange de quoi nous leur donnons des récompenses, or ou objets. Parfois, il arrive qu'ils s'assemblent en guilde ou en groupe, pour coordonner leurs attaques ou mettre en avant un but, un métier, une fonction, une race. Plus de la moitié de nos problèmes sont résolus par des aventuriers. Des noms qui resteront obscurs ont participé de façon décisive à la victoire ou à la mort de puissantes entités. Ils le resteront peut être à jamais.
- En clair, vous y gagnez au change.
- Pas toujours. Certains trahissent, se font avoir par plus malins qu'eux... Ils sont source de conflits et les alimentent. Par exemple, le goulet des Chanteguerres.
- Chanteguerre, le clan orc ?

Arkmar acquiesça.

- Les Chanteguerres abattent la forêt d'Orneval. Les elfes abattent les Chanteguerres. Chaque faction recrute des aventuriers pour aller se massacrer à la frontière des champs d'abattage.
- Personne ne dit rien ?
- La paix est fragile. Le Chef de Guerre ferme les yeux.

Kealthei pencha pensivement la tête en avant, dissimulant un peu plus son visage aux yeux de son compagnon.

- Il est intelligent.

Arkmar s'étonna à moitié de cette remarque. Thrall était intelligent, c'était évident aux yeux de tous les orcs. Mais Arkmar avait toujours soutenu l'idée selon laquelle il fallait cesser les combats.

- A moi de t'expliquer, je crois, se moqua Kealthei.
- Et bien vas-y, maugréa l'orc, visiblement sceptique.
- Se pencher sur ce conflit serait une erreur de sa part. Arrêter les combats aussi. S'il tente d'arrêter les combats, les elfes finiront par chasser les Chanteguerres d'Orneval, qui ne penseront alors qu'à se venger, même contre l'avis du chef de guerre. La colère mettra quelques années à prendre le pas sur le respect du Chef de Guerre et l'obéissance. Au final, cette tumeur enflera puis finira par exploser, entrainant tout le clan, mais aussi d'autres orcs, loyaux à leur cause et désireux d'enfin pouvoir vraiment se battre contre les elfes. La réponse ne tarderait pas du côté de l'Alliance, et en l'espace de quelques mois, même les nains et les hommes se trouveraient concernés par le problème d'Orneval. La guerre totale entre ces deux factions rivales serait déclarée, entrainant tout Azeroth au bord de la destruction. Ton roi-liche aurait alors le champ libre pour repousser les vivants hors de Norfendre et concocter une nouvelle peste plus dévastatrice encore.
- Et dans le cas inverse ? Si Thrall lançait ses troupes à l'assaut des elfes ?
- Je crois que tu peux répondre toi même.

Évidemment. Sa question était stupide. Mais quand était-il de la "prédiction" du jeune homme en cas d'arrêt du conflit ?

- Et si nous concluons un véritable marché ? Si les elfes acceptent notre présence ?
- Tu sais très bien que ce ne sera pas le cas. La mort du dieu qu'ils vénéraient les a, je pense, profondément marqués.
- Je t'apprends à peine l'histoire en quelques heures et tu peux déjà diagnostiquer l'état du monde dans l'éventualité d'un retrait des orcs d'Orneval ?
- N'oublie pas que je suis déjà venu ici.
- Qu'est-ce qu'ici, pour toi ?
- Ce monde.
- Tu voyages, comme nous avons voyagé et comme les draeneïs sont arrivés ici ?
- En quelque sorte. Comment imagines tu l'univers ?

La question dérouta l'orc. Il avait songé à bien des choses sur le monde, ses origines, et la multitudes de mondes qui existaient, mais il n'avait jamais pensé quelle forme physique prenait l'univers tout entier...

- Et bien, se lança-t-il hasardeusement, un peu comme des bulles qui flotteraient au dessus du néant...
- Tu penses que lorsqu'on arrive au bout du bout, on finit par tomber dans le néant ?

Le ton un brin moqueur de Kealthei vexa l'orc. Oui, il s'imaginait le monde comme ça. Qu'avait à redire à ça un jeune blanc bec ? Que pouvait-il savoir de plus que lui ?

- Prend mes mains.
- Pourquoi ?
- Je veux t'offrir une vision neuve du monde.

Méfiant, Arkmar tendit lentement ses mains. Le mage-guerrier les attrapa brusquement, puis ils disparurent.

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- Tu vois, mec, la vie, c'est comme les noix, commença le troll.
- Y'a toujours quelqu'un pour les briser ? s'impatienta Joanessen.
- Hey, mec, t'énewve pas, sois cwoool.
- Cwool ? Bon cwool alors.
- Cool, si tu préféwes.

Dans quoi s'était donc embarqué l'alchimiste ? Aider les trolls était une mauvaise idée. Mieux aurait fallu ordonner aux ogres de tout raser, plutôt que de faire semblant. Et puis cet accent ! Il était certain que le troll faisait exprès. Il avait toujours pensé que cette particularité appartenait à leurs cousins du sud.

- Bleuuuaaaarg ? questionna une goule qui le suivait, comme le petit détachement d'une dizaine de morts vivants moins écervelés qu'ils n'en avaient l'air.
- Non, non, plus tard.
- Qu'est-ce qu'elle a dit, mec ?
- Rien qui ne te concerne, mentit-il.

La goule lui avait purement et simplement proposé d'exploser le crâne du gênant guide forestier. Et d'en manger le cerveau, pour pas gaspiller. Même s'il se disait qu'il aurait dû l'écouter, il s'abstint de tout commentaire.

- On arrive, mec !

Joanessen leva les yeux au ciel. Une phrase sur deux était agrémentée du mot "mec". L'alchimiste trouvait ça irrespectueux et inutile. Or, avec lui, tout ce qui était irrespectueux et inutile finissait très vite par disparaître, souvent d'une façon plutôt... brutale.

- Kraaaiiirg chrouiraaa !

"Mon roi-liche, dites moi que je rêve, qu'est-ce que c'est moche !", littéralement. Le mort vivant agita la main en direction de son serviteur, comme pour chasser des mouches. "Ta gueule", traduisit la goule. Joanessen n'avait pas besoin qu'elle lui dise sa façon de penser. Il voulait juste l'utiliser comme un pantin pour massacrer ce qu'il voulait, rien de plus.

-Yeeeeah ! Paw le vaudou ! Les ogwes vont pisser dans leuws fwocs quand ils vont savoiw qui on a avec nous !
- On dit "chier dans son froc", murmura Joanessen.
- Quoi ?
- Non rien...

Ils marchaient à présent sur ce qui semblait être une piste pour raptor. En effet, l'on pouvait voir les nombreuses déjections des reptiles et leurs empreintes de pas, énormes.

- C'est pas des raptows de tapette qu'on a, par ici, jugea bon d'indiquer le troll à ceux qui n'avaient pas encore tiré les bonnes conclusions des nombreux... indices.
- Il est inutile d'insulter par ces propos révoltant la communauté homosexuelle, elle a le droit d'exister, c'est parfaitement naturel et que je trouve ça très bien qu'elle existe !

Tout le monde regarda l'alchimiste avec des yeux ronds. Même le vieux squelette aux orbites vides du fond de la colonne réussit à faire comprendre qu'il restait bouche bée devant les paroles de son maitre. Le silence s'éternisa. S'il avait eu autre chose que du sang séché dans les veines, Joanessen aurait rougi.

- Ouai bon, continuons.

La troupe se remit à marcher en direction du village troll, droit devant eux et visible depuis déjà plusieurs heures. Au bout de quelques dizaines de mètres, le troll de put se retenir :

- T'as pas quelque chose à compenser, paw hasawd ?

Brusquement, sans que personne ne s'y attende, Joanessen se retourna et lança un trait de feu dans la colonne. Ce fut le vieux squelette qui la prit de plein fouet, et commença à brailler :

- KIlk klik klak krrrkk klik krrrik ! (les squelettes, c'est bien connu, n'arrivent qu'à grincer des os)
"J'ai le cul qui crame !"
- Bleuuuiiiiirg ! s'esclaffa la goule.
"Pas que le cul apparemment, vu comme ça sent le grillé, ce qui me rappelle une odeur d'il y a longtemps, quand mon père faisait des grillades, avec du porc et quelques légumes, ce qui était délicieux." (oui, oui, c'est littéralement, je vous assure, le langage goulien est plus expressif qu'il n'y parait)
- Krashkava ! Krashkava ! Krashkava !
"Crame ! Crame ! Crame !"

Joanessen, fatigué par ses serviteurs et le troll, préfère s'assoir dans un coin pour piquer un somme, en attendant que les mort-vivants finissent leur fête macabre. Environ une heure plus tard, après un petit somme, toute la troupe repartit vers le village miteux, qu'elle mit une heure de plus à atteindre. Tous les trolls étaient présent et regardaient l'alchimiste avec curiosité.

- Les ogwes, on va les mawaves gwaves, mec ! Ils vont tous pisser dans leur fwoc !
- On dit chier dans son froc, murmura Joanessen.
- Quoi ?
- Non rien.

Ils fit quelques signes à l'attention de ses guerriers. Ceux ci se mirent en position, formant un cordon de sécurité entre la populace et lui. Il gravit une arête qui dominait les trolls, observa pendant un instant les tentes moisies plantées là dans le plus grand désordre, et se tourna vers la goule.

- Bleuuuaaaarg.
- Kraaaayyyyyyyyyy !
"Kraaaayyyyyyyyyy !" (un cri de guerre reste un cri de guerre)

La créature du fléau frappa le troll le plus proche, le décapitant. Au même instant, Joanessen lança un trait de feu vers le ciel. Une grande clameur répondit au signal. Les ogres gravirent l'arête et foncèrent vers le reste du village.

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Joanessen riait. Qu'il était bon d'être diabolique ! La vue du sang le réjouissait. Le vent charriait une odeur de mort et de chair brulée. Les effluves du massacre l'emplissait de joie. Il songea à la suite. Un rire agita de nouveau son maigre corps. Bientôt, Arathi serait à lui... et il ne laisserait pas de survivants.
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10/05/09 à 17:40:15
Woua ! 6 jours que j'ai rien posté ! Ni personne d'autre... Voici la suite.

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- Général ?

Il se sent si loin de ce monde... Les bruits du camp sont assourdis à ses oreilles, sa vue est brouillée... Il réfléchit. Comment ? Il faut passer les lignes adverses. Comment ? Aucune idée. Cette petite question tourne dans sa tête, le harcèle.

- Général !

Il sort de sa torpeur. Il recouvre la vue et l'ouïe. Le monde réel est maintenant bien présent autour de lui.

- Quoi ? maugrée-t-il.
- Des nouvelles de l'empereur, général Krash.

Krash tendit l'oreille. Des nouvelles de son maitre ? Peut être propose-t-il une solution.

- Et bien ? Parle !
- Il est parti.
- Parti ?

Le courrier confirme d'un hochement de tête. Le général se passe un main sur le visage et soupire.

- Et merde...

_______________

Arkmar rouvre les yeux. Quelle sensation étrange. Celle de ne peser rien. De flotter dans les airs. Il voit le ciel étoilé devant lui... Toutes ces étoiles qui brillent... Il tourne sur lui-même. Il flotte vraiment dans les airs ! Arkmar regarde tout autour de lui, cherchant vainement le sol. La peur lui glace le sang. Où donc a-t-il atterri ? Il continu de gesticuler dans tous les sens, espérant trouver une sortie. Puis s'arrête brusquement.

Elle semble si proche, et est pourtant si loin... Il la reconnait. Il a déjà vu des cartes du monde. Ce qu'il a en face de lui ressemble fortement aux royaumes de l'est. Mais comment se peut-il...?


Puis il comprit. Il était comme un oiseau volant très, très haut. Plus haut qu'aucun oiseau ne serait allé.

- Alors, tu as compris ? l'apostropha une voix familière.

Kealthei le regardait, un petit sourire aux lèvres qui ne plaisait pas du tout à l'orc.

- Tu as peur ?

Arkmar se retint de répondre "non". C'était trop évident. Il avait peur. Il vit son compagnon s'approcher lentement, poussé par quelque magie inconnue.

- Aucune raison d'avoir peur. En ma présence, il ne t'arrivera rien.

Arkmar poussa un soupir de soulagement. Ce petit homme lui avait fait peur. C'est avec curiosité qu'il s'adresse à Kealthei :

- Alors ? Où sommes nous ?
- Dans la réalité. Tu a reconnu Azeroth sous tes yeux.
- Et ?
- Ce que tu pensais être un bulle serait plutôt une sorte d'énorme caillou flottant dans l'espace.
- L'espace ?
- C'est ainsi que nous appelons ce que tu a autour de toi. Un terme très général. Tu as donc ta planète sous tes yeux et...

Le jeune homme s'arrêta et chercha dans l'immensité de la galaxie. Il finit par se poster vers une direction comme une autre, aux yeux d'Arkmar.

-... La planète de tes parents était là bas.

Les yeux d'Arkmar se fermèrent. Il était suspicieux. Il regarda à son tour vers ce qui semblait un bout d'espace avec des étoiles. Puis sa vision se déforma. Ses yeux n'arrivaient plus à analyser le flux d'images qui lui parvenait. La poitrine compressée par une force invisible, il eut du mal à respirer. Ses oreilles sifflaient. Tous ses sens se détraquaient. Puis il y eut un choc.

L'Outreterre.... Il avait devant lui l'Outreterre... C'est du moins ce qu'il supposait, n'ayant vu que des cartes. Une sorte de demi bulle recouvrait la totalité de la région. On voyait très clairement les flux d'énergie vagabonder le long du bouclier. Quelque chose attira son attention. Il tourna légèrement sa tête vers le bas, sous l'Outreterre, et vit l'horreur.

Il n'y avait rien. Strictement rien. Plus d'étoiles. Plus rien. Juste le néant. Comme si un prédateur invisible les avait fait disparaître. Un frisson le parcouru. Tout le pays était menacé.

- Faux.

Arkmar sursauta. Il avait presque oublié la présence de son guide.

- L'Outreterre ne risque rien, poursuivit-il, une puissante magie empêche le trou noir d'avancer.
- Un trou noir...
- Un vide, un Titan, appelle le comme tu veux. Il fait disparaître les étoiles.
- Un Titan ?
- Nous les appelons ainsi.
- Il y en a plusieurs ?
- Bien sûr !

Sur ce, Arkmar ressentit la même sensation que précédemment. Ils revinrent dans l'espace, juste au dessus d'Azeroth.

- Regarde...

La planète tourna lentement sur elle même. La planète ou eux ? Arkmar n'aurait su le dire. Kalimdor passa paresseusement devant lui. Puis Brume-Azur et Brume-Sang. Et enfin... le néant.

_______________

Faim... très faim... odeur... manger ? Ouii... grognement. Bousculade. Claquement de mâchoire, morsure à la nuque, mise à mort. L'odeur du sang. Son goût.

- Ça, c'est une grosse bestiole.
- Pas plus grosse qu'un dragon.
- Certes, mais ça a au moins autant de dents. Et ça s'est fait buté.
- T'as raison, c'est pas très rassurant. En attendant, on y peut rien. Je sens que les charognards vont pas tarder à arriver. Le cadavre est encore frais.
- On a dû déranger la créature avant qu'elle puisse le bouffer.
- Peut être, ou peut être pas.
- Toi qui te dis expert en animaux, t'as qu'à inspecter les lieux.

Avec un soupir de renoncement, Kealthei capitula. Il s'approcha du cadavre, jeta un regard noir à Arkmar, et s'intéressa de plus près à la morsure.

- Mâchoires puissantes... C'est pas omnivore, ce truc là.

Il se baissa pour inspecter la gueule du monstre. Il pris le bas des mâchoires et le museau et entreprit de lui desserrer les dents.

- Woua, ça schlingue là dedans ! se plaignit-il en agitant une main devant son nez.
- Alors ?
- Alors il a dû contester le chef de meute et en a payé le prix.
- Mêmes mâchoires ?
- Oui. A moins que cette bestiole ne soit plus souple qu'il n'y parait, c'est un de ses petits copains qui lui a brisé la nuque.
- Pas si copain que ça, on dirait.
- La dure loi du règne animal.
- Qui est ?
- Tu finis toujours par crever, et en général assez jeune.
- T'es un grand optimiste.
- Je sais, mes amis me le reprochent souvent.
- Barrons nous avant que ces espèce de... je sais pas quoi... rappliquent.
- Tiens, d'ailleurs, tu dirait que c'est quoi ?
- Un castor gangréné ?
- A ouai, pas con. Regarde les deux grandes dents devant et la queue plate.
- T'as vu l'expert ?
- Il a pas l'air suffisamment difforme.
- Ah ben dis donc, je sais pas ce qu'il te faut...
- Il a des poils.
- Merci, j'avais vu.
- D'après ce que tu m'as décris, ils ont pas de poils, dans la légion.
- Mouai. Ou alors c'est une saloperie créée par des mages qui s'emmerdaient.
- Si c'est vraiment le cas, ça m'étonnerai qu'ils soient encore en vie.
- Méfie toi, y'en a quelques uns qui sont vraiment increvables.
- Allez, on se taille, avant de se faire tailler.
- Le jeu de mot pourri.
- Excuse moi, c'est sorti tout seul.

Ils reprirent la route vers les montagnes, et, bien que parlant sur un ton léger, ils étaient tendus, prêts à l'action. Ils continuèrent ainsi, l'air de rien, sans pour autant baisser leur garde.

_______________
Manger... manger !

- Tue...

Faim... piste... trace de pas... bruyantes créatures... orc et humain stupides...

- Tue...

Manger.. pas écouter voix...

- Tue !

Faim... sang... chair fraîche...

- TUE !

Bonne odeur du sang... manger... faim... piste... bientôt... TUER !

_______________

Il fait nuit. Ici, les terres sont désolées, arides. Une poussière grise recouvre tout. Ici et là, quelques arbres morts. Des ravins, nombreux. Puis une puissante silhouette recouvre la lune l'espace d'un instant. Un prédateur né. Grand, puissant, intelligent. Dangereux. Il suit une piste. Il est affamé. Il atteindra bientôt ses proies. Il pousse un hurlement. Un autre lui répond, quelques lieues vers l'ouest. L'étau se resserre. Il pousse un second hurlement. Nouvelle réponse, venant du sud est, cette fois. Puis la créature lance un effroyable rugissement. Une vingtaine d'autres lui répondent. Le monstre se met à courir. Bientôt. Bientôt, il pourra planter ses crocs dans la chair. Il mangera à sa faim. Tant pis pour les autres. Et la voix le récompensera bien.
Allonet
Avatar HordeGame

Membre
10/05/09 à 22:31:19
Pavé César !
Tu comptes faire combien de pages ?

NoName
Avatar HordeGame

Membre
15/05/09 à 19:18:12
Aucune idée, comme ça me viendra. Ce forum me sert juste de "sauvegarde" supplémentaire.
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