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HordeGame : d'un arbre blanc et d'une perle de cristal
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Sihaya
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12/01/11 à 01:32:03
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L'automne était là.
Loin de son palais aux innombrables tours blanches, Sihaya errait dans les forêts des terres mortelles parées des couleurs mordorées et pourpres caractéristiques de cette saison. Comme chaque année les soupirs des feuilles qui tombaient sur le tapis de mousse allumaient en son cœur la même langueur, la même mélancolie si dangereuse aux elfes immortels.
Ses promenades en dehors de son royaume se prolongeaient alors et elle franchissait de plus en plus rarement les portes de sa cité, perdue quelque part où elle pouvait donner libre cours à ses rêveries profondes.

L'automne... cette saison transitoire où l'or des arbres, si magnifique, n'était en fait qu'un prélude à leur chute puis, leur mort ; où la brume enveloppait chaque chose vivante pour la bercer dans un silence cotonneux et tiède, invitant les êtres à un sommeil tentateur...
Oui elle aimait cette saison malgré l'étrange torpeur qui la prenait à chaque fois qu'elle répondait à l'appel de la solitude, comme aujourd'hui.

Son pas était rêveur et c'est à peine si elle faisait ployer les feuilles brunes sous ses pieds légers. Elle allait, les yeux perdus dans un songe éveillé sans paraître prendre garde au chemin qu'elle empruntait mais jamais ses pieds nus ne se prenaient dans une racine, jamais ils ne heurtaient les pierres moussues et elle poursuivait son chemin. De temps à autre elle levait le front vers la frondaison des arbres et alors l'éclat rouge et or des feuilles au-dessus d'elle l'éblouissait tellement qu'elle se mettait à leur sourire de cet air doux qui ne quittait jamais son visage, comme pour les remercier du spectacle fantastique qu'elles lui offraient.
Lorsqu'un souffle venu de nulle part soulevait les voiles diaphanes dont elle était vêtue elle laissait entendre un petit rire perlé et esquissait alors quelques pas de dans, puis d'une gracieuse révérence saluait un partenaire aérien, éthéré,  déjà reparti dans les nues.

Solitude...

Oui !

A jamais, et sans rancoeur aucune, jamais !

Pourtant aujourd'hui elle se sentait prise d'une fatigue inhabituelle et ses pensées la menaient toujours à réfléchir à ce que serait l'avenir. Celui de son peuple, et celui de tous ses frères.
lentement, Sihaya tourna sur elle-même et ses yeux virent les feuilles sèches et déchirées sous celles qui portaient encore des couleurs. Elle vit les quelques branches nues cachées parmi les rameaux chargés de couleurs vives.

L'automne des elfes était-il venu lui aussi ? Allaient-ils tous partir ou s'endormir pour laisser place aux autres enfants d'Ëa ? La voix de la déesse Mère se faisait de plus en plus lointaine et imprécise, même pour sa Première Fille, quel présage était-ce-là,pourquoi restait-Elle muette à ses prières, pourquoi ses rêves devenaient-ils si flous ?

Bientôt l'hiver serait là puis, tout reverdirait et renaîtrait et des chants s'élèveraient dans sa cité, alors pourquoi toutes es questions , Pourquoi cette torpeur ?

L'elfe aux cheveux or se redressa et offrit son visage au vent, yeux fermés. Puis des sons qui montaient de la nature autour d'elle, elle fit une mélodie, un chant suave et envoûtant qui glissait sur les troncs recouverts de lichen, sur l'eau du ruisseau non loin, rebondissait sur les rochers arrondis et se propageait ainsi dans toute la forêt.
C'était un chant qui parlait de choses brillantes et de promesses de renouveau, aussi elle se mit à danser sur sa propre chanson et bientôt on eut dit que ses pieds ne touchaient plus terre tant elle semblait gracieuse et légère.

Nul n'aurait su dire combien de temps elle dansa, car les elfes ne ressentent pas la fatigue comme leurs frères humains, toujours est-il que pour la première fois de sa longue existence elle ressentit le sommeil la gagner.
Son chant cessa et l'elfe gagna le bord de l'eau. Son lit d'herbe tendre l'accueillit et para sa chevelure de quelques fleurs sylvestres.

Doucement...
Le silence se fit autour d'elle et lorsque ses yeux se fermèrent, une seule larme coula, la première depuis sa naissance bénie. Touchant la surface de l'eau, elle se solidifia et se transforma en pierre translucide avant de se perdre dans le lit du ruisseau...


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-Fingolfin-
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12/01/11 à 01:33:40
Par une douce journée d'automne, Fingolfin se dirige seul à travers les bois vers le bras de rivière ou depuis longtemps déjà il aime à venir s'isoler pour réfléchir sereinement.
Les couleurs flamboyantes et chaudes de saison qui parent la végétation alentours contrastent avec l'annonce de l'arrivé prochaine des frimas de l'hiver qu'elles représentent pour lui.
Le cycle immuable de la Nature Mère, Ëa, poursuit sous ses yeux sa perpétuelle révolution.

Alors qu'il poursuit sa marche solitaire, les réminiscences du pensé lointain ou il avait découvert ce lieu difficile d'accès reviennent à son esprit.
Toujours aussi vif, comme aux premiers jours, lui qui avait été témoin de l'aube bénie de ce monde gardait claires et limpides en lui les images de son enfance. Depuis son plus jeune âge entrainé à forger son corps et son esprit, il se remémore ses mentors et précepteurs, désormais depuis longtemps disparus.
Le souvenir de son père, de sa mère et de ses frères, êtres de Lumière revient aussi. Rêves évincés, vies gâchées, devenues âmes en peines face à une réalité glacée. Lui reste aussi le souvenir de sourires figés.
Les stigmates encore vifs rendant illusoire l'oubli des épisodes dramatiques de son existence.

Au détour d'un sentier, au milieu d'une clairière, il arrive aux pieds d'un Séquoia colossal, dont la cime dépasse de loin la canopée. D'une hauteur de plus de cents mètres il dresse sa silhouette majestueuse au dessus d'un tronc de neufs mètres de diamètre. Quel âge peut il avoir, se dit il, trois milles ans peut être plus.
Le temps ou cet arbre, qu'il avait vus grandir, n'était encore qu'une jeune pousse lui sembla la saison dernière.
Tout à ces pensées son regard se pose sur un cône de l'année qui commence quand à lui à peine à germer...   

Les âges ont passé, les époques troublés succèdent aux périodes d'harmonie depuis que l'héritage qui est le sien pèse sur ses épaules et la vie poursuit son court. Mais il reste droit et fier malgré les épreuves qui l'ont finalement renforcées et il sait que les annales retiendront sa résistance à la corruption et sa fidélité aux préceptes ancestraux de la culture Elfique.
Le rassemblement des clans des Calaquendis autours de la pousse de l'arbre blanc et sous la bannière de la maison royale de Finwë est la touche d'espoir qui anime la Lumière en lui, bien qu'il sache pertinemment que se poursuivra encore longtemps la lutte.

Lorsqu'il arrive finalement proche de sa destination la nuit est déjà tombée sur la forêt endormie, la lueur de la lune et des étoiles suffis parfaitement à ses yeux perçants pour que, une fois arrivé sur la berge, il distingue l'éclat brillant d'un reflet d'argent au fond du lit sombre de la rivière.

Le doux son de l'eau qui coule ne distrait pas sa curiosité qui, désormais aiguisé par cette mystérieuse lueur, le pousse à s'approcher encore plus avant, jusqu'à se pencher pour tenter de l'atteindre.

  

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Sihaya
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12/01/11 à 01:35:04
Une dame à la beauté extraordinaire, de blanc vêtue, tressait les cheveux dorés d'une toute jeune elfe assise devant elle. Un arbre leur dispensait son ombre bienfaisante et partout autour d'elles, un parterre d'herbe tendre parsemé d'élanores et de niphredil distrayait le regard par ses teintes pastelles.

Sihaya compris aussitôt : cette fillette, c'était elle et la belle dame, Ëa.
Car bien que la Déesse ne possède pas d'enveloppe charnelle, elle lui apparaissait à chaque fois dans ses songes sous la même forme et elles étaient alors Mère et Fille.
D'où elle était elle ne pouvait entendre ce qu'elle disait et lorsqu'elle tenta de se rapprocher elle ne put percevoir que des bribes de conversation.


... ne le crains pas lorsqu'il se présentera à toi. Tu le reconnaîtras, ne t'en fais pas, car il te rendra une partie de toi que tu auras perdue alors...

A ces mots la fillette se retourna et enlaça tendrement le cou de la belle dame. Une partie de son futur venait de lui être révélé. L'avatar d'Ëa se mit à sourire à l'enfant et lui caressa les cheveux, et Sihaya l'observatrice sut que son rêve allait prendre fin. C'est alors que la femme-Ëa se retourna non vers l'enfant mais vers elle, comme si elle la voyait à travers les brumes de l'oracle.

N'oublie pas, ma Fille : vos destins sont liés et tu dois accomplir le tien. N'oublie pas...

Il lui sembla alors qu'elle tenta de courir vers les deux femmes pour entendre la fin de la phrase, mais les vapeurs du sommeil s'était déjà évaporées et l'elfe s'éveilla.


~* fin du Songe, retour à la réalité *~


Combien de temps ce rêve avait-il duré ? Dans ses cheveux les fleurs s'étaient épanouies et quelques tiges vertes s'enroulaient amoureusement autour de ses membres. Elle n'eut pas le temps de s'attarder sur ses questions qu'un son de pas lui parvint, très proche.

Son instinct la fit à peine hésiter. D'un bond elle se rapprocha de l'eau de la rivière, et d'un petit coup de reins elle plongea gracieusement dans l'eau sans soulever une seule goutte et disparut dans l'onde fraîche.
Sa nature elfique lu conférait la possibilité de rester longtemps en apnée sous l'eau, et elle pouvait rivaliser à la nage avec la loutre agile. Aussitôt le fond atteint elle se tint immobile, ses cheveux or à la luminosité atténuée se confondant avec les algues dont elles suivaient le lent mouvement.
Juste à temps, car du fond de l'eau elle aperçut une silhouette plus sombre encore que le ciel nocturne s'approcher du bord. Sa vue, bien qu'accrue, ne lui permit pas de rétablir les remous de l'eau et elle ne distingua pas les traits de la créature qui était là.

Nulle peur en elle, l'elfe tapie ne ressentait aucune malveillance émaner de l'être et elle ne s'inquiéta pas. Par jeu, elle décida de l'observer sans se montrer car bien qu'âgée de millénaires indénombrables la curiosité était un des traits enfantins qui la caractérisaient souvent.

Sihaya vit donc la silhouette rester un long instant sur le rivage sans paraître bouger. Puis la silhouette finit par s'agenouiller et se pencher vers le cours d'eau, main tendue, et de là où elle était Sihaya tourna la tête pour voir ce qui pouvait bien intriguer la créature.

Là, non loin, une faible lueur qu'elle n'avait pas vue tant elle lui semblait... familière.
A cet instant elle se souvint de cette larme qui avait couru le long de sa joue pâle pour aller se perdre dans l'eau et elle se mit à éprouver comme une sorte d'inquiétude à l'idée de perdre cette partie d'elle-même qui symbolisait pourtant sa tristesse. Sa seule et unique larme, solidifiée par la magie du maître des eaux, devenue un joyau à la pureté limpide...

Et cette main inconnue qui l'avait ramassée sr son lit de gravier et s'apprêtait sûrement à repartir avec, l'emmener loin d'elle...

Sans vraiment réfléchir Sihaya se décida à révéler sa présence et, du fond de l'eau, elle remonta en ondulant vers la surface. Presque craintive, elle effleura la main de la créature inconnue avant d'émerger à son tour, les yeux rivés sur la perle.


Rends-la moi, s'il te plaît...

Elle ruisselait encore, sans frissonner car elle ne sentait pas la fraîcheur de l'air nocturne. Ses cheveux or brillant de la même lueur que la perle formaient sur elle le plus sûr des vêtements et dans la lueur de la lune elle aurait pu ressembler à ces créatures féériques qui personnifient les cours d'eau, à cette différence près que ses yeux n'étaient pas d'une couleur unique mais possédaient bien un iris coloré. Mais cela, il aurait fallu être un fin observateur pour le distinguer dans la nuit... ou un elfe.

Captivée par la perle elle n'avait pas encore regardé la créature qui la tenait dans sa main, et sa voix avait pris un accent si suppliant qu'on aurait eu de la peine à reconnaître en elle la Prime née d'Ëa.

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-Fingolfin-
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12/01/11 à 01:36:02
La brise légère qui souffle dans le sous bois, faisant frémir les branches et les feuilles des arbres aux alentours se mêle au bruit de l'onde qui court pour animer l'instant d'une calme mélopée.

Plongeant le bras dans l'eau fraiche, il tend la main et se saisis d'une petite sphère lisse et régulière, qu'il remonte aussitôt pour l'observer. A peine a t il sortis des flots ce qui se révèle être une superbe perle scintillante, il distingue une silhouette qui se rapproche rapidement de lui depuis le fond de la rivière.

Avant qu'il n'ai le temps de reculer une main fine et blanche émerge à la surface et vient effleurer la sienne, juste avant que celle qu'il prit un instant pour une nymphe aquatique, ne sorte de l'eau devant lui et ne prononce d'une douce et envoutante voix ces mots;


Rends-la moi, s'il te plaît...


Interloqué par cette apparition soudaine et imprévue Fingolfin reste un instant muet alors qu'il observe subjugué son interlocutrice.
Seuls de longs cheveux blonds, tombant en cascade sur les courbes délicates de son corps et un légers pagne masquent la nudité de l'Elfe d'une grande beauté qui se tient désormais devant lui, tête basse, adoptant une attitude presque suppliante.


"Cette belle perle est donc tienne, toi qui apparais devant moi comme un songe à l'instant ou sur elle ma main se pose."

Dit il, reprenant quelque peu ses esprits, puis il poursuit en tendant la perle vers elle

"Tiens prend la. Si elle est ton bien elle doit t'être chère."

Puis il reste là, la main tendue et le regard absorbé par la contemplation qu'il ne pense même pas à réprimer.


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Sihaya
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12/01/11 à 01:37:34
" Cette belle perle est donc tienne, toi qui apparais devant moi comme un songe à l'instant ou sur elle ma main se pose. "

Bien qu'à la tête de tout un peuple, elle passait autant qu'elle le pouvait les murs de sa blanche cité pour errer seule sur les terres du continent sauvage, comme ses compatriotes appelaient le monde en-dehors de leur île protégée. Il n'était pas rare qu'elle s'absente durant de longues périodes pendant lesquelles nul ne pouvait la trouver, hormis l'instinct puissant de ses messagers ailés, griffons et aigles confondus.
Ceci pouvait expliquer que durant ses millénaires d'existence elle n'ait pas rencontré beaucoup de peuplades elfes, préférant la compagnie des créatures d'autres races qu'elle rencontrait pendant ses voyages, dispensant à qui le voulait la Lumière d'Ëa, accomplissant sa mission de propagatrice d'Espoir sur le monde.

Ainsi donc, les seuls elfes qu'elle côtoyait ou avait côtoyés étaient tous ou presque issus de son propre royaume. Les quelques voyageurs qui trouvaient asile sur son territoire s'étaient tous établis parmi son peuple depuis.


"Tiens prend la. Si elle est ton bien elle doit t'être chère."

La voix de la créature la tira de sa contemplation de la perle. Une voix qu'elle ne connait pas et qui pourtant produit sur elle une étrange sensation de bien-être, de familiarité perdue. Le sentiment est étrange, rassurant et perturbant à la fois et déjà elle a oublié l'objet de ses inquiétudes.

Ainsi sous les étoiles, l'héritier de la Maison de Finwë et la Prime née d'Ëa échangèrent leur premier regard, et ce fut comme si le destin de cette dernière se trouva scellé.

Tandis qu'elle le dévisageait avec curiosité, un léger sourire naquit sur ses lèvres et son visage s'éclaira. Une profonde bonté émanait de lui et elle sut qu'ils se ressemblaient en beaucoup de choses alors même qu'elle n'avait encore jamais ressenti une impression aussi singulière, même avec ses amis les plus proches. Depuis sa naissance sa solitude avait été façonnée par Ëa la Bienfaisante, et même au milieu de tout son peuple aimant elle avait toujours ressenti cette différence qui la séparait d'eux à jamais.
Première née, enfant unique de la déesse, privilégiée d'entre toutes les créatures elle avait reçu pour Destinée d'apporter l'Espoir sur ces terres et l'amour qu'elle dispensait par ses paroles et sa présence bénie, bien qu'infini car issu d'Ëa, n'était pas d'une nature qui lui permît de vivre autrement que seule.

Les cheveux de Fingolfin semblaient blancs sous la lumière lunaire et elle sut qu'il avait vécu un grand nombre d'années tout comme elle. Cependant son visage aux traits réguliers et jeunes possédait cette beauté et cette noblesse caractéristique des Premiers Nés, ceux qui avaient vu la Lumière originelle et qui en avaient gardé à jamais l'éclat dans leurs yeux.

A gestes mesurés, Sihaya sortit de l'eau et se révéla à lui sans crainte aucune. Longuement, elle considéra la perle dans sa main avant de tendre la sienne, plus menue et pâle. Lorsqu'elle la referma sur le joyau, leurs peaux se frôlèrent un instant et elle recula, serrant la perle contre elle, enveloppée de ses cheveux.


Cette pierre est une partie de moi, et puisque tu viens de me la rendre, désormais j'aurai confiance en toi. La Lumière demeure très forte en toi, qui es-tu ?

Sa curiosité reprenant le dessus elle s'était à nouveau approchée de lui, peu soucieuse de sa tenue, confiante en cet instinct puissant qui la poussait vers cet elfe alors même que la prédiction d'Ëa n'était plus qu'un rêve à moitié effacé.


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-Fingolfin-
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12/01/11 à 01:39:32
La perle entre ses doigts, au touché si fin et d'un grain d'une incroyable pureté, ne laisse entrevoir aucune imperfection d'aucune sorte à ses yeux perçants.

Il se laisse captiver par elle et la perçoit légèrement plus lourde à mesure qu'il l'observe et un sensation électrique le traverse.
Quelque chose dans cette perle résonne et l'intrigue, puis c'est comme un choc subit dont l'onde se répercute en lui.

Un condensé de chagrin l'envahis, la quintessence d'une mélancolie ancienne, comme seule certaines âmes peuvent en sonder la profondeur, le transperce de part en part. Trouvant un écho dans ses propres douleurs, ravivant les blessures lointaines comme celle à peine cicatrisés, mettant à l'épreuve tout son courage.

Poussé par le puissant instinct de sa lignée il raffermit sa volonté et le saisissement qui l'instant d'avant le parcourait se calme peu à peu.
Il redresse la tête et croise le regard de la belle inconnue qui le dévisage, alors un tout autre sentiment le gagne, la Lumière qui émane d'elle rayonne et chasse les dernières ombres de nostalgie de son esprit. C'est une Lumière aussi vive et éclatante que celle de l'aube du monde, souvenir bénis qui refait surface en lui.

L'Elfe à l'apparence si jeune sort de l'eau et s'avance, leurs mains s'effleurent lorsqu'elle saisit la perle et ce moment resterait gravé en sont fort intérieur, la perle et cette inconnue marquant simultanément son âme de deux stigmates antagonistes.

Soupirant alors qu'elle recule, il se sent simplement heureux et serein, puis elle dit :


"Cette pierre est une partie de moi, et puisque tu viens de me la rendre, désormais j'aurai confiance en toi. La Lumière demeure très forte en toi, qui es-tu ?"


Dans un mouvement plein de candeur il écarte son long manteau pourpre en faisant une révérence simple et galante, le sourire au lèvres il lui répond alors, plein de fierté dans la voix:

"Je suis Fingolfin, fils de Finwë des Noldors et d'Indis des Vanyars; je me veux le gardien de ces contrées sauvages et par la grâce d'Ëa préservées et pleines de vie."

En disant cela il fait un geste circulaire de la main pour désigner le paysage alentours.

"Mon peuple et moi vivons en ces lieux, fidèles à notre culture et en harmonie avec notre mère la nature."

Puis il marque un temps de silence en observant avec les yeux plein d'étoiles son interlocutrice et il finit par dire :

" Quel est le nom de celle que le destin fait se tenir, éclatante de beauté, devant moi en ce jour?"

Sans s'en apercevoir il s'est sensiblement rapproché d'elle en parlant, et plonge sans retenue son regard dans le sien, dans l'attente d'une réponse.

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Sihaya
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12/01/11 à 01:41:30
La perle contre son sein pulsait doucement comme un petit cœur de cristal, l'écho du sien qui s'ouvrait à un sentiment nouveau et puissant. La fraternité ? L'amitié ? Le besoin d'en savoir plus sur ce frère issu du même passé lointain qu'elle ?
Sûrement un peu de tout cela.
Même si elle s'était tenue à l'écart avec son peuple des choses qui se passaient sur le continent, elle n'en ignorait pas moins quels rois s'étaient succédés à la tête des peuples elfes et le nom de Finwë était un des plus illustres.  


Paix à toi et à ton peuple, Fingolfin fils de Finwë et d'Indis.

Ses gestes étaient empreints de l'élégance naturelle des elfes et plus que tout autre à ce jour il lui semblait noble et fier. La distance qu'elle avait instinctivement mise entre eux diminuait à chacun des mouvements du Roi et ce constat pourtant banal  la dérouta un bref instant. Machinalement l'elfe aux cheveux or regarda derrière elle l'étendue d'eau qui l'empêchait de reculer plus et lorsque ses yeux revinrent à son interlocuteur, ils se retrouvèrent capturés par le regard impérieux de celui qui se dressait face à elle.
Ce qu'elle y vit et sut y lire, personne n'aurait su le décrire avec des mots justes. Un mélange de choses passées et à venir, d'êtres concrets et de sentiments pèle-mêle, des visions grandioses de ce qu'il avait vécu aussitôt remplacées par des images fugitives et insaisissables, mais surtout une Lumière intense, si chaude que la fille d'Ëa crut un instant vaciller sur ses jambes fines.


" Quel est le nom de celle que le destin fait se tenir, éclatante de beauté, devant moi en ce jour? "

Nombreux sont les noms qui m'ont été attribués depuis ma naissance, dans bien des idiomes différents dont certains ont disparu depuis. Hélas !
Je suis...


Un cri perçant interrompit sa phrase alors qu'elle s'apprêtait à lui donner son nom, suivi d'un deuxième cri, long et modulé, encore lointain. Levant les yeux, Sihaya aperçut la silhouette immense d'un rapace d'une taille extraordinaire qui descendait vers eux.

...je suis attendue par les miens et ne puis m'atarder plus longtemps ici. Qu'Ëa veille sur toi, Roi Fingolfin, nous nous reverrons !

Sans un mot d'explication de plus elle s'inclina rapidement devant lui et disparut entre les arbres sans qu'on ne puisse la suivre du regard; comme happée par la végétation, fondue en elle. Au sol, la perle échappée luisait doucement.

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-Fingolfin-
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12/01/11 à 01:42:42
Se tenant toujours sur la berge, Fingolfin écoute l'harmonieuse voix de celle qui lui fait face. Elle s'exprime tout naturellement dans l'antique idiome des Calaquendis, sa propre langue maternelle, désormais trop souvent réservée à une élite d'érudits et de lettrés.

Bercé par les sonorités chantantes et la douceur de la voix il se retrouve surpris par un cri suraigu venant du ciel. Retrouvant subitement ses esprits il a à peine le temps de distinguer la forme qui vient de passer au dessus d'eux.

Réagissant aussitôt à ce qu'il interprète comme un signal, l'inconnue s'incline brièvement, prononçant à la hâte encore quelques mots avant de littéralement s'évaporer en courant dans la forêt, le laissant là, quelque peu désorienté.

Tout est allé si vite qu'un doute l'assaille; était ce un rêve, un mirage, le fruit de son imagination ou d'un sortilège, ou était elle bien réelle? Désormais elle a disparu et il reste seul, emprunt de confusion, un long moment interdit et parfaitement silencieux.


"Je ne connais même pas son nom." Se dit il à lui même.

Le temps passe mais lui reste immobile alors qu'il s'efforce vainement d'appréhender plus précisément l'émotion étrange qui l'étreint.

La lune, voilée par quelques nuages, se révèle quand ceux ci finissent par poursuivre leur paresseux cheminement au travers du ciel nocturne, sa douce Lumière fait alors scintiller à ses yeux rêveurs la perle qui est restée là, une nouvelle fois égarée dans les herbes proches de la rive.

En s'avançant pour la ramasser une idée lui vient à l'esprit; la belle inconnue allait elle réapparaitre s'il s'en emparait? Hésitant brièvement il saisit la perle, mais rien cette fois ne vient rompre le calme du cours d'eau.
Refermant ses mains sur la bille de nacre il la tient contre lui et c'est une impression de manque, différente de la mélancolie qu'il avait ressentie à son premier contact avec elle qui est désormais sienne.

Un sentiment d'absence, mais aussi et surtout un profond espoir de la revoir un jour.


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