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28/01/09 à 19:34:09
La citadelle était en train de prendre forme. Les fortifications viendraient après, puisque, pour l'instant, c'étaient eux qui massacraient et pillaient... Chaque jour, des raids envoyés aux quatres coins de l'archipel revenaient quelques jours après avec un arrivage frais de viande humaine séchée ou salée. Les os étaient conservés ainsi que les organes pour les offrandes à Thanatos, la déesse de la mort dont Negril était le Grand-Prêtre. Les "chasseurs" ne ramenaient aucun prisonnier. En effet, leur chef leur ayant répété maintes et maintes fois que pour l'instant, le château n'était pas encore terminé, donc son laboratoire habituel, les geôles et les salles de torture, n'ont pas encore été construites.
Sous une tente de fortune, Negril jouait paresseusement avec quelques crânes et deux tibia. Il s'était apercu que les crânes, suivant leur structure osseuse chaque différentes, donnait un son différent. Il était en train de commencer un rythme en trois temps en tapant sur les crânes disposés autour de lui avec les tibias quand un garde le héla du dehors.
-Monseigneur, on dirait que vous avez une visite. Et c'est du beau linge on dirait...
Negril sortit, intrigué, de la tente. Ce qu'il vit au dehors lui fit froncer les sourcils : quatre humains, jeunes, enfin à ses yeux (ses 5000 ans et des poussières ne lui donnaient pas une conception très très claire des degrés de l'âge humain...), montés sur quatres chevaux blancs immaculés. Belle race. Et les hommes devaient être effectivement assez importants dans un quelconque territoire humain. Leurs habits en étaient clinquants tellement le doré et l'argent les recouvraient. Mais surtout, leurs yeux étaient... méprisants. Condescendants. Comme s'ils croyaient que ce clan arriviste de morts-vivants était totalement inoffensif. L'un d'entre eux, à première vue le plus vieux, commenca à parler :
-Je suis Ban. Baron de la terre que vous foulez et cousin du roi Rodric. Qui est le chef de cette meute imbécile ici ?
Negril souria de toutes ses dents. Apparemment, cet imbécile avait toute confiance en ses pseudos-pouvoirs de baron car il pensait sans doute qu'ils le laisseraient partir, la présence menaçante de son roi étant omnipotente (enfin pour lui). Malheureusement... Negril se lécha les lèvre, et s'avanca hors du cercle menacant des morts-vivant. Les yeux de la grande gueule s'abaissèrent sur lui.
-C'est toi le chef ?
-Vous pouvez m'appeler comme cela oui... Monseigneur. répondit Negril, contenant un fou rire
-Bien. un sourire méprisant apparu sur le visage de la grande gueule. Je t'ordonne, chose moribonde, de retourner toi et ta bande de cadavres puants dans la fosse à purin d'où vous êtes nés ! Retournez sur vos bateaux et reprenez la mer ! On ne veux pas de morts-vivants qui souillent de leurs pieds nos terres. Dégagez. Auquel cas, nous vous détruirons et répandrons vos chairs nauséabondes dans les mangeoires de nos porcs !
Cette fois, le Seigneur mort-vivant ne pu retenir un énorme fou rire, qui se répendit bientôt dans toute la bande des "cadavres puants". Le Baron grinca des dents, puis tira les rènes. Les quatres cavaliers allaient s'éloigner quand Negril les interpella:
-Que faites-vous... Humains ?
-Nous retournons voir notre Roi, réserve de pus. Et je rendrais compte de ce que j'ai vu ici.
-Cela j'en doute Monseigneur...
Le Baron et les trois autres cavaliers se sentirent tout à coup mal à l'aise. Qu'est ce que cela voulait dire ? Ils voyaient soudain des squelettes armées et cliquetant d'impatience s'approcher un peu trop près... Les chevaux renâclèrent. La tension monta d'un coup et les hommes commencèrent à transpirer. Une longue mélopée sortit alors de la masse des morts-vivants. Rejetant la tête en arrière, les yeux révulsés, le corps en transe et le visage en extase, ils chantaient très lentement, sans aucune parole. Lentement, les squelettes les plus proches sortirent leurs épées.
-Que... Qu'est-ce que cela veut dire ??! cria presque la grande gueule pour se faire entendre à travers le son des milliers de gorges Non-mortes
-Pardonnez moi Monseigneur... Il semble que je ne peux vous laisser partir... Mes enfants ont faim, et vos insultes doivent se "laver dans le sang" comme vous dites.
-Mais... De quel droit... Délégation... hoqueta le baron, les yeux exhorbités.
-Ah oui... j'ai entendu parler du droit de sauf d'une délégation... Sachez sac à viande, que cette loi n'a nulle cours chez les morts-vivants... Seuls les humains sont assez stupides pour créer cette règle... Et nous vous massacrerons légalement... du droit du plus fort.
Ayant prononcés ces mots, le grand-prêtre se détourna, toujours hilare, vers sa tente. Il avait à terminer ce joli morceau de musique. peut-être qu'avec un accompagnement d'un instrument à cordes... des nerfs tendus dans une omoplate creusée pourraient faire l'affaire... Songeant soudain aux quatres hommes hurlant de terreur devant les squelettes qui commencaient à s'approcher, Negril tourna la tête à 180 degrés vers l'agitation.
-Je vous les laisse les enfants. Ramenez moi juste les yeux, une omoplate et une dizaine de nerfs et de tendons... Soyez bénis !
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