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HordeGame : A la Vie, à la Mort.
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Cyanure
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14/11/10 à 19:03:05
La peur.
A l'état pur, ce sentiment de panique qui noue les tripes, qui accélère le coeur et répand comme un goût de bile amère dans la bouche lorsqu'elle s'assèche. Cette chose qui empêche de réfléchir correctement, la sensation primaire d'avoir été privé de ses sens pour ne plus ressentir que Ça, par toutes les pores de la peau, par le crissement des dents les unes contre les autres, par ses muscles douloureux à force d'être tendus à leur maximum à chaque instant.

La douleur.
Celle de la blessure qu'elle s'était faite elle-même à l'avant-bras, comme ces bêtes prises au piège qui préfèrent se mutiler un membre plutôt que périr entre les mains des traqueurs. Ses dents avaient déchiré sa peau sans une plainte, pour rester éveillée, pour se sentir vivante, pour ne pas se noyer sous le flot de panique qui voulait la submerger à chaque cahot, à chaque grognement bestial de ses geôliers, à chaque fois que ses liens cruellement serrés lui rentraient dans les chairs, encore un peu plus.

La rage.
Dans ses veines, dans son coeur et jusque dans son regard fou. La rage qui faisait sourdre le sang à ses tempes dans un battement continu et entêtant, lancinant. Plus que tout, et la dernière chose qu'elle saurait conserver en elle.
La rage de s'être laissée capturer si facilement, par surprise alors qu'elle méditait sur son promontoire habituel, de ne pas en avoir tué assez.

Qu'étaient-ils, d'ailleurs ? Elle avait d'abord cru à une attaque d'un groupe d'hommes, peut-être des villageois lassés de voir disparaître leurs poules quand elle ne prenait rien dans ses pièges, ou tout simplement parce qu'elle était une bête qui menaçait leur sécurité...
Et puis une éclaircie de lune avait révélé leur face aux yeux révulsés, les plaies gangrénées et les os à vif, la chair putréfiée et les crânes à nu, les gestes hésitants et la forces barbare qui se dégageait pourtant d'eux.

Ces choses étaient mortes depuis longtemps, en attestaient les affreux détails aperçus. Doués d'une force inhumaine les zombis semblaient beaucoup moins sensibles au poison dont elle était constituée, et même si elle avait pu en "tuer" plusieurs" le surnombre avait fini par la terrasser.
A moitié assommée, percluse de coups et terrorisée, ils l'avaient baillonnée, entravée et jetée dans un sac de toile grossière et épaisse où la puanteur l'avait fait suffoquer, avant qu'elle ne parvienne à se calmer un peu pour économiser le peu d'air qui filtrait à travers. La jeune fille ne comprenait rien et son esprit apeuré n'arrivait plus à raisonner convenablement.

Que lui voulaient-ils ? Où allaient-ils ? Pourquoi ne pas l'avoir tuée tout de suite ?


Un choc brutal et le contact avec des parois solides lui avaient indiqué qu'on l'avait jetée dans un coffre. Puis sa raison s'était effilochée et elle avait cessé de se poser des questions, abrutie et gémissante au fond de sa caisse.

Enfin, après ce qui lui avait semblé à la fois une éternité et une durée incalculable, le ballottement cessa. Elle ne se rendit compte du changement qu'à l'instant où elle se sentit tirée vers le haut et soulevée de sa boîte. La jeune fille n'osa pas imaginer quel genre de bras la portaient en ce moment même, séparés de sa peau par l'épaisseur ridicule de la toile d'un sac....
Quelque chose de pointu s'enfonçait dans son estomac à chaque pas, peut-être l'épaule de son porteur, mais alors quelle épaule singulière... une qui donnait l'impression de n'être recouverte par aucune chair... Elle n'avait jamais aimé les choses animées par la magie interdite et là elle se tenait le plus sage possible, retenant ses plaintes malgré la douleur qui s'accentuait. Le transport lui parut lui aussi interminable.

Un arrêt.
Un bruit non identifiable, peut-être celui de deux pièces métalliques qui glissent l'une contre l'autre, était-ce pour lui trancher la tête ?
Puis une vingtaine de pas, et enfin on la balança sur une surface dure.


Enfin...
Libérez-la.


La voix la fit presque sursauter, la première qu'elle entendait depuis plusieurs jours.
Féminine. Grave et glacée. Impérieuse.

On éventra son sac sans ménagement sans paraître prendre garde à ne pas la blesser et la lumière de quelques torches au mur lui fit cligner des yeux tandis qu'elle s'extirpait en rampant de la poche de toile nauséabonde.


Redresse-toi.

La même voix, avec une pointe de dédain.
Cyanure leva alors les yeux vers la silhouette auréolée de rouge qui se tenait sur une sorte de trône...
Elvanshalee
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14/11/10 à 20:28:13
Elle avait toujours détesté qu'on la fasse attendre, mais cette fois-ci était particulière.
Son humeur massacrante trahissait sa fébrilité et de rage elle avait déjà décapité deux serviteurs depuis le matin. Qu'importait, d'autres cadavres attendraient qu'elle les réveille.
Cependant, le gaspillage de ses forces alors qu'elle n'avait toujours pas recouvré le dixième de son ancien pouvoir prouvait bien une chose : si la nécromante n'avait pas peur, du moins quelque chose d'important pour elle était en jeu en ce moment.

Le petit groupe qu'elle avait chargé de cette mission capitale aurait dû revenir la veille, et ce retard la mettait hors d'elle. Seule dans ses immenses appartements elle allait de long-en-large comme un fauve dans sa cage, se parlant à elle-même.


Voyons... je ne peux pas échouer, c'est un fait.
Cette petite dinde est malheureusement la seule qui puisse... me... Ah je HAIS ce mot !!!

Maudit sois-tu, et maudites tes entrailles, ta non-vie et ton remord... pauvre fou...

Et Lui ? Qu'en faire ? Il m'est utile, oui mais... il ne peut pas me... RAAAH !
J'aviserai. Il est assez grand après tout.


Toute à son délire elle semblait se parler à elle-même puis invectiver un interlocuteur mystérieux et son visage se crispait de haine, puis d'une troisième personne. Impossible de savoir quel cours impétueux et imprévisible avaient pu prendre ses pensées.

La nécromante aux cheveux ardents se laissa tomber sur un siège recouvert de tissu moiré et sombra alors dans une sorte de longue apathie entrecoupée parfois de marmonnements maussades.
Puis d'un coup, elle bondit sur ses pieds.


ASSEZ !!
Je les sens, ils ne sont plus bien loin... et bien, j'irai à leur rencontre.


Elle frappa sèchement dans ses mains et aussitôt un serviteur surgit de derrière un rideau, apportant un manteau de fourrure qu'il posa sur ses épaules.


******************************************************************************************************

Redresse-toi.

Elle voyait bien qu'elle était terrorisée et que mille questions se bousculaient dans sa tête, dont elle seule détenait les réponses, néanmoins elle prit le temps de se délecter de son visage effaré. Elle ne portait aucun amour ni aucune pitié à cette sœur dont elle avait ignoré l'existence jusqu'à il y avait peu de temps. Tout au plus Elvanshalee était-elle un peu moins courroucée de savoir que son plan allait bientôt pouvoir se mettre en œuvre, mais son cœur inexistant lui interdisait toute reconnaissance.

D'un mouvement gracieux elle se leva et s'approcha de Cyanure, son sens de la séduction tout déployé dans sa démarche chaloupée et son début de sourire.


Bonjour, ma sœur...

Pas le temps de lui laisser apprécier la nouvelle, elle enchaîna aussitôt.

Tu dois te demander pourquoi je t'ai fait amener ici, n'est-ce pas ? petit coup d'oeil aux morts réveillés qui les entouraient. Oh, tu excuseras leur rudesse, il faut dire que j'ai perdu l'habitude de recevoir des invités...

A mesure qu'elle se penchait vers Cyanure, Elvanshalee pouvait percevoir l'agitation qui la gagnait et ses yeux expressifs qui semblaient vouloir parler. Elle l'observa un peu puis lui sourit.

On dirait que tu t'inquiètes pour moi... Ne t'en fais pas, je sais ce dont tu es capable, et c'est précisément....

Elle s'interrompit et considéra d'un oeil peu convaincu les bandelettes qui recouvraient presque entièrement le corps de la brune à terre. Sa main gantée de cuir épais se referma sur le bras de la brune encore bâillonnée et les mains entravées et la força à se mettre debout pour sortir de la tente.
Elles se trouvaient en pleine forêt, un camp qui se réduisait à une tente unique pour la nécromante, montée rapidement. Une petite clairière d'herbe rase, autour, postés à intervalles réguliers, des morts armés.

La rousse poussa sa captive sans ménagements au centre de la clairière, avant de jeter un regard circulaire autour d'elle. Ses yeux aux pupilles irréelles finirent par s'arrêter sur un des gardes, au hasard.


Toi, approche ! la créature s'exécuta.
Il est temps de voir si tout le bien que j'ai entendu à ton propos est justifié... sinon, tu ne me servirais à rien, tu comprends ?

La voix était presque douce et le sourire sur le visage de la sorcière, triomphant lorsqu'elle rompit les liens et se saisit du poignet de sa sœur pour le plaquer sur le torse purulent de son serviteur.
Prise de court, la pauvre jeune fille tenta bien de protester malgré son bâillon, et c'était pathétique de la voir tenter de s'échapper de l'emprise de sa sœur sans toutefois la toucher, de peur de lui faire du mal malgré tout. Mais la terrible poigne ne se relâcha pas et Elvanshalee observa avec attention ce qui devait se passer.

Un tremblement commença à s'emparer de la goule, convulsion irrépressible qui s'accompagna bientôt d'une modification des tissus, comme si la chair morte se mettait à bouillir de l'intérieur, puis une espèce de tâche noirâtre se répandit sur son corps à partir de l'endroit où était posée sa main.
Des bruits d'os qui se brisent à l'intérieur du thorax, et ce fut fini. Tout cela n'avait pris que quelques secondes.


Et bien ! la terrible rousse émit un petit sifflement de satisfaction.
Je ne suis pas déçue, c'est encore plus rapide que ce que j'imaginais.

Elle semblait déborder d'une joie affreuse sans paraître voir les larmes qui coulaient sur les joues de sa jeune soeur. Pourtant elle n'avait pas lâché son poignet. Une petite moue dégoûtée traversa son beau visage lorsqu'elle retourna le cadavre mort pour la seconde fois du bout du pied ; on aurait dit qu'il continuait de se flétrir.

Hm... j'espère tout de même ne pas ressembler à ça, mais qu'importe...

Son regard se reporta sur sa captive, comme si elle la voyait pour la première fois à présent qu'elle représentait un réel intérêt pour elle.

Tu comprends, ma chère sœur, tu es la seule qui puisse me donner ce que je veux... Alors quand tu l'auras fait, je te laisserai partir... promis.

La non-morte avait saisi un petit poignard lové dans un étui passé à sa cuisse, et alors qu'une petite lueur d'incrédulité passait dans le regard de la jeune brune, elle lui sourit à nouveau.

Shhhhh.... reste tranquille, je te promets de faire ça vite, et qu'ensuite tu seras libre.. et vivante...

Sans lui laisser le temps de réagir elle lui incisa le bras d'un geste vif et précis, lui arrachant un cri étouffé par son bâillon.

Là, là.... c'est fini... une petite fiole translucide apparut dans son autre main, dans laquelle elle récolta le sang qui coulait, allant jusqu'à presser la petite plaie pour être certaine d'en avoir suffisamment. Le flacon rebouché et disparu dans un repli de ses vêtements elle reconsidéra sa prisonnière. Contre toute attente, la rousse appliqua un baume sur la plaie qui ne saignait déjà plus, toujours gantée et protégée, avant de remettre en place les bandages.

Tu vois, je tiens toujours parole... Il y a un sac d'or dans la tente, prends-le. Et va-t-en.

Sans plus se soucier d'elle, elle allait donner l'ordre de démonter la tente lorsqu'un voile noir assombrit son regard.

Non ! Serait-ce..? A travers les gants ?? Ce n'est pourtant pas l'endroit idéal...

Elvanshalee analysa la situation en une seconde. Elle sentait ses forces s'amoindrir et devina qu'elle n'aurait jamais le temps de rentrer dans son palais. La forêt était dans son domaine, mais une fois endormie elle serait livrée au premier venu, humain ou animal.
Autour d'elle ses serviteurs s'écroulèrent les uns après les autres, privés de la force qui les animait puisque le corps de leur maîtresse était rongé de poison.


Il faudrait... Diarmaid ! Pas... le temps...

La nécromante grimaça et porta la fiole de sang à ses lèvres, puis s'affaissa lentement. Sur le flanc gauche, celui d'où vient la Mort.
Diarmaid
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14/11/10 à 21:12:48
Il la cherchait... rien, aucun signe de sa part. Il pressentait quelque chose de grave... Pendant plusieurs heures il tenta de la trouver, elle n'était en sa demeure, et n'était non plus aux alentours de leur arbre, ni même dans ses branchages. Il s'aventura dans la forêt toute proche et s'y enfonça...

...

Son regard se posa soudain sur un corps, pâle, inanimé, une jeune femme à la chevelure de feu,  portant une robe verte diaphane ; il sentit des larmes monter à ses yeux, il courut vers elle, trébuchant, s'accrochant dans les quelques racines qui ressortaient de la terre gelée par la neige et le gel du sous-bois... enfin il arriva, à genoux, à sa hauteur. À l'aide de gestes tremblants, il passa un bras sous sa nuque et l'autre autour de sa taille, la relevant pour appuyer sa tête contre sa poitrine, elle était froide...
Autour d'eux, et il ne le remarqua pas, gisaient quelques cadavres à moitié enfouis sous la neige, ainsi que les traces d'un campement : feu de camp, tente
Longtemps il resta figé avec elle, ne ressentant ni faim, ni froid malgré le vent glacé qui s'engouffrait entre les arbres... Il serrait le corps sans vie de la jeune femme contre lui, laissant sa tristesse couler le long de ses joues...

...

Son bras glissa le long de sa cuisse jusqu'au genoux, puis il remonta celui-ci sous le corps et le plaça sous ses cuisses, l'autre bras soutenu sa nuque et sa tête. Il s'inclina devant elle et posa ses lèvres sur les siennes, lentement, délicatement, comme si ce baiser pouvait la réveiller de son sommeil éternel... Puis il se releva, la portant contre lui. Il s'en retourna vers sa cité, marchant doucement...

...


La herse se leva, chaque soldat scante se plaça de telle manière à délimiter un chemin vers le château. Chaque citoyen s'écarta, observant la scène. Et un lourd silence se fit sur la ville...

...

Des jours durant il veilla sur elle, qu'il avait installé sur son propre lit... Maodhóg, son général, vint un jour lui rendre visite et ses seules paroles furent de lui faire construire, par les meilleurs artisans, un sarcophage de verre, le plus beau et ouvragé qu'ils puissent réaliser...

...

Il ne se reposa point, ne prit même pas le temps de sortir, il resta à son chevet, jusqu'à ce que le sarcophage soit achevé et installé dans une pièce aménagée pour qu'elle repose en paix. Il l'y installa solennellement...
La flamme qui l'animait venait de s'éteindre, combien de temps lui restait-il ? Il s'allongea et sombra dans un profond sommeil. Dans un dernier soupir avant de sombrer, il prononça un mot, un nom, le sien ...


Elvanshalee...

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Diarmaid
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23/11/10 à 23:59:41
Voilà dix jours qu’il avait fait placer Elvanshalee dans une salle réaménagée pour l'accueillir, elle ainsi que son cercueil. Il n’était retourné la voir qu’à un seul moment et il en avait versé des larmes et s’en était rapidement détourné.

Cette tristesse qui l’envahissait depuis ce jour ne cessait de le ronger, mêlée à de la rage et de l’incompréhension. Depuis ce jour, il n’avait pris la peine de sortir, il ne savait que faire, ni où aller, déambulant dans sa demeure tel une âme-en-peine, un fantôme palissant de jour en jour. Tout, autour de lui, lui paraissait gris et dénué de saveur ou d’attrait. Ils ressentais une profonde sensation de froid ainsi qu’une fatigue grandissante.

Cette fatigue... aucun sommeil ne la comblera, depuis qu’elle n’est plus qu’un corps sans une once de vie, il ne peut se permettre de lui demander quelques gouttes de son sang. Ce précieux liquide qui lui permet de vivre et d’être ce qu’il fût, un chevalier au-delà des limites mortelles. Et pourtant, cet affaiblissement progressif le laisse indifférent, tant qu'il peut rester auprès d'elle en espérant son réveil...


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Diarmaid
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24/11/10 à 00:18:14
Tôt, ce jour là il s’apprêta et s’éloigna des remparts de sa cité. L’air pur et frais du printemps lui caressait le visage, il avait enfin consenti à sortir alors que la neige et le froid se retiraient.
Il n’avait plus foulé l’herbe depuis bien longtemps et tentais de savourer son pas qui s’enfoncait lentement dans la terre meuble et fraiche, dans l’herbe jeune et verdoyante… Mais rien n’y faisait, rien ne pouvait, semble-t-il, combler ses sens, son esprit, son cœur. Aucun plaisir que pouvait lui prodiguer la nature ou sa cité ne lui étaient agréables.

Ses pensées, toutes tournées sur des souvenirs de moments partagés avec elle, lui firent emprunter quelques sentiers peu empruntés et il fini par arriver près d’un arbre, son arbre, leur arbre. Cet être plusieurs fois centenaire dont l’écorce avait accueilli le dos de sa Maîtresse ainsi que sa chevelure alors qu’elle lui offrait, pour la première fois, son sang, sa vie… Il s’approcha de celui-ci et, s’agenouillant, posa sa main gauche contre le tronc massif et rugueux


Dis-moi, toi qui as qui a connu tant de choses, toi qui nous as vu ici, ensemble, toi qui as été le centre du lieu que nous convoitions le plus souvent… Dis-moi que ce ne peut se terminer ainsi, dis-moi pourquoi je ne puis être auprès de celle que j’aime, contre toi… pourquoi Elle ?

Sa voix devenait de plus en plus sourde à mesure que sa gorge se nouait d’émotion, et que la tristesse menaçait à nouveau de couler de ses yeux…
Il se releva lentement, détournant son regard vers les cieux, maudissant une fraction de seconde ceux qui avaient engendré le monde, maudissant ceux qui avaient laissé Elvanshalee sans cœur et maudissant aussi ses propres divinités de ne pas être présentes…


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Diarmaid
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25/11/10 à 00:14:13
La chaleur au dehors en cette saison était insoutenable, La lumière que le soleil prodiguait arrivait à incommoder le semi-vampire, qui en éprouvait de vives douleurs aux yeux. Malgré cette vague de joie qui envahissait à présent tout son domaine et au delà, il éprouvait de la mélancolie, repensant à quelques moments passés avec Elle. Il lui prit l'envie d'aller la contempler à nouveau, comme il le faisait à nouveau plus régulièrement. Descendant dans les fraicheurs plus agréables du premier sous-sol de sa demeure, il entra dans la pièce où elle reposait, prenant soin, machinalement, de ne faire aucun bruit, de peur de la réveiller... même si...

À l'aide de gestes mesurés, il parcourut la paroi de cristal protégeant son corps, s'approchant doucement de celui-ci, juste au dessus de sa bouche, il posa ses lèvres sur cette mince et transparente vitre, puis se retira, faisant un pas en arrière, il l'observa encore quelques minutes avant de s'agenouiller pour prier les dieux de la faire revenir.

Ensuite, il s'assit en tailleur, et s'adossa au sarcophage de verre...  et d'une petite sacoche accrochée à sa ceinture, il sortit une plume noire, de corbeau, ainsi qu'un encrier métallique, il les déposa à terre à côté de lui et, de son dos, sortit un étui en bois de rose et, de celui-ci, extrait un parchemin vierge... ouvrant précautionneusement son encrier, il trempa ensuite le bout de sa plume et se mit à écrire...



    Ma Tendre et Bien Aimée,

      Avant notre première rencontre, il y a bien longtemps, je fus brisé, brisé de savoir que je ne pourrais jamais être aimé, brisé de ne pouvoir trouver d'attache en ce monde. Puis, tu es apparue, telle la personnification d'une déesse devant mes yeux ahuris. Mon coeur s'est remis à battre, au début, lentement, ensuite de plus en plus vite et ce jusqu'à me permettre de revivre. Ces quelques mots sont pour toi, car mes paroles ne peuvent atteindre ton coeur.
      En ce moment, quelques larmes se mêlent à l'encre qui couvre ce parchemin de lettres, qui réunies, me permettent de tisser mon amour pour toi. Si tu lis un jour ces quelques lignes tu me trouveras sans aucun doute faible et trop sensible, mais je sais qu'une part de toi, même infime, sera touchée.
      J'aimerais pouvoir te dire ce qui est écrit ici, mais je ne le puis...  car tu sommeilles à côté de moi... Tu es la femme la plus belle que mes yeux aient vu de toute mon existence, s'ils ne pouvaient te voir, ils deviendraient aveugles en peu de temps, à quoi cela sert-il de voir si ce qui est beau ne peut être vu ? Je t'ai porté un amour grandissant sans limite, je te porte toujours ce même amour, qui croît sans cesse, et je te porterai cet amour durant toute ma vie, et après elle s'il m'est donné de le faire. Chaque instant fait s'étendre cet amour, j'aimerais te le donner, le partager avec toi... un jour... si seulement... mais tu dors toujours...

Ton Chevalier...
ton Diarmaid



il déposa la plume à côté de lui, la feuille glissa de sa main à quelques pas, il sentit une profonde fatigue le gagner... combien de temps encore ?...

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