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Non connecté
Pseudo : Tifa
Sexe : Femme
Rang : Membre

Race : Mort vivant
Monde : Dholéna
Horde : La Louve Solitaire [LOUVE]
Dernière connexion : 06/02/12 à 06:44:05

Population : 27308 (Classement : 29/4380)
Prestige : 1854 (Classement : 160/4380)
Expérience : 29501 (Classement : 43/4380)

Biographie :
-Mais c'est pas possible un temps pareil ! Ca devrait être interdit !

Une frêle silhouette avance, fendant la neige, courbée pour résister aux assauts des bourrasques enneigées qui manquent à chaque fois de la faire tomber sur le dos dans la neige molle. De ses doigts gourds, la jeune fille écarte une mèche de cheveux noirs qui lui sont retombés devant les yeux. Elle scrute l'horizon, ou du moins les trois mètres qu'elle peut distinguer à travers les flocons qui recouvrent tout... Où est l'auberge ? Il faisait clair et à peine nuageux quand elle l'avait quittée ce matin là, y laissant la plupart de ses affaires pour une petite balade. Sauf qu'elle était allée trop loin dans la pinède et maintenant elle était perdue au milieu des collines en pleine tempête.

La jeune nécromancienne avança, soufflant en même temps sur ses doigts pour tenter de les réchauffer. Soudain, au lieu de la neige à laquelle elle s'attendait, son pied s'enfonça dans un passage frayé par quelqu'un d'autre. Surprise, elle tomba dans la neige et se releva, le nez gelé à son tour... Elle s'arrêta néanmoins le temps de reprendre ses esprits et discerner de quel côté la personne qui l'avait précédée était allée, elle devait venir de quelque part et aller quelque part, or en pleine tempête ce quelque part devait être un abri. Immédiatement, elle reprit un peu de vigueur et suivit la trace de cette personne qui semblait plutôt traîner des pieds dans la neige que faire des enjambées. Au moins cela lui évitait des efforts inutiles.

Ce n'est qu'un peu plus tard qu'elle remarqua qu'à intervalles réguliers un peu de sang était visible sur la neige, parfois en une longue trainée rouge sur plusieurs mètres, d'autres fois une goutte sur une dizaine de mètres... La personne qu'elle suviait était blessée ? Un peu plus prudente, Tifa prépara un jet d'ombre au cas où. Elle reprit ensuite sa route, espérant que celui ou celle qu'elle suivait savait où il ou elle allait... Mais elle dû réviser son jugement après une congère, ce n'était pas une personne mais un loup. Jeune, fier et élancé. Blessé aussi, il était étendu dans la neige à quelques mètres d'elle, elle tenta de s'approcher mais il releva la tête et grogna quand il l'aperçut. Ensuite il tenta de se relever mais tenait sa patte gauche avant contre lui, elle vit qu'une longue estafilade zébrait celle-ci et que la pointe d'une lance était toujours fichée dans son épaule, il était étonnant que la bête ait pu s'aventurer si loin avec une telle blessure, ce qui démontrait son endurance et sa force.

Sauf que pour le moment, ils bénéficiaient d'une accalmie mais pas pour longtemps et elle était toujours perdue. En temps normal elle aurait attendu que le loup meure pour le ressuciter, de toute façon il était condamné si on ne lui enlevait pas le fer de lance qui était planté dans son corps... Mais là elle ne pouvait pas se le permettre, dommage. Elle allait continuer mais le loup tituba jusqu'à elle avant de lui lécher doucement la main et de s'affaler, le museau à ses pieds. Etonnée, elle le regarda en silence une bonne minute avant de prendre une décision qui ne lui ressemblait pas...

Elle allait l'aider.

La nécromancienne hissa péniblement le loup inconscient sur ses épaules et repartit d'un pas titubant vers la vallée, elle apercevait finalement quelques lumières à un ou deux kilomètres, difficile d'évaluer la distance avec la neige et la forte luminosité qui régnait malgré l'épais couvert nuageux.

Les deux kilomètres s'avérèrent en fait en être trois longs et pénibles passés à porter un poids qui se refroidissait de plus en plus, à tomber dans la neige et à se geler le nez (les doigts étaient réchauffés par la fourrure) et surtout à se faire baver dessus par l'animal pendant tout le trajet. Quand elle remarqua la trainée blanchatre que l'animal avait involontairement fait sur son manteau, elle résista difficilement à l'envie de le jeter et le laisser là. Elle arriva tout de même à l'auberge, gardant juste assez d'intelligence pour entrer d'abord dans l'écurie, mettre dans un coin sombre l'animal et se commander un grand bol de soupe chaude, du pain et d'aller chercher sa cape avant de se faufiler discrètement, enfin réchauffée, dans l'écurie pour rejoindre le loup que personne n'avait, par chance, encore remarqué.

Ensuite, la jeune femme réussit péniblement à porter l'animal dans le grenier de l'écurie, un peu plus froid mais où personne ne le verrait avant d'aller chercher ses affaires, payer sa note et le rejoindre discrètement avec ses couvertures. Quand elle se fut assurée qu'il était bien au chaud, elle fit fondre de la neige dans un broc d'eau et lava délicatement la plaie. Ensuite, elle retira d'un coup sec le fer de lance, manquant de se faire mordre par le loup qui s'était réveillé, alerté par la douleur subite. Après qu'elle lui eut mit une baffe sur le museau, s'attirant un grognement en colère, elle lui cautérisa sa plaie en couvrant sa main d'un feu sombre qu'elle avait invoqué. Par chance, le loup était trop mal en point pour se défendre et la blesser. Après que ce fut fait, elle s'écarta de lui, lava le broc d'eau pour le remplir de nouveau et le lui tendre. Ce faisant, elle s'attira un regard interrogatif mais accablée par la soif, la bête lapa quelques lampées avant de reposer sa tête au sol et se rendormir dans l'agréable chaleur prodiguée par les couvertures. Espérant ou comprenant que l'humaine ne lui ferait pas de mal. Tifa soupira, soulagée, et s'endormit à un mètre du loup.

Le lendemain matin, elle ouvrit les yeux et s'étira doucement avant de caresser d'une main encore peu affermie par le sommeil la douce couette chaude qu'elle avait contre elle. Trois secondes plus tard, un sifflement rauque lui fit comprendre que ce n'était pas une nouvelle couverture mais le loup qui était venu dormir contre elle et l'avait merveilleusement bien réchauffée pendant toute la nuit. Elle attendit quelques minutes avant de tenter de se retirer mais peine perdue, elle était obligée d'attendre le réveil du loup... Peu patiente et surtout morte de faim, elle le poussa doucement sur le flanc, et par chance il ne se réveilla pas, elle ne savait pas comment il allait réagir quand il se réveillerait alors autant qu'elle soit prête.

Elle descendit du grenier et alla dans la salle commune, l'aubergiste, un homme ventripotent, l'accueillit avec un grand sourire et lui prépara immédiatement un bon petit déjeuner, convaincu qu'elle avait passé la nuit dehors faute d'argent. Elle le détrompa rapidement en sortant sa bourse et demandant en plus du repas deux livres de viande crue à emporter, le laissant indécis sur le comportement à adopter envers cette jeune femme qui mangeait comme une ogresse ces deux derniers repas et semblait prête à manger deux livres de viande crue sur le chemin qui la séparait du prochain village. Tifa fit cependant semblant de partir avant de rentrer à nouveau dans l'écurie et monter au grenier, retrouvant un loup réveillé, affamé et en pleine phase de récupération, coincé à trois ou quatre mètres du sol dans une auberge humaine.

Celui-ci grogna quand elle monta l'échelle mais s'arrêta et s'assit en reconaissant sa tête quand elle la passa par la trappe qui menait à la réserve. Elle lui donna ensuite les deux livres de viande, attendit qu'il ait fini tout en se demandant comment faire discrètement sortir un loup coincé dans le grenier d'une écurie où il y avait des chevaux et même deux vaches, qu'en plus à côté il devait y avoir une demi douzaine de personne qui seraient ravies de tuer l'animal. Elle soupira, ne sachant que faire quand elle aperçut la petite lucarne. Mais celle-ci donnait sur la cour pavée, la bête se briserait les pattes si elle sautait. Elle soupira une seconde fois et se prépara mentalement à l'épreuve à venir.

Tout d'abord elle descendit dans l'écurie, laissa bien en vue un sac de pièces et poussa une charette pleine de foin devant la trappe. Le loup comprit et sauta dedans. Dès cet instant, les chevaux et les vaches s'agitèrent et elle entendit le bruit que firent les hommes quand ils essayèrent d'ouvrir la porte entre l'écurie et la taverne pour voir ce qui causait un tel tapage. Heureusement, elle y avait pensé et avait coincé la porte mais les hommes allaient faire le tour. Elle tira le loup stupéfait par la peau du cou et l'entraîna à sa suite dans la cour où déjà trois hommes sortaient, l'épée au poing. Dès qu'ils virent le loup, ils crièrent et foncèrent dessus, celui-ci s'enfuit rapidement, leur échappant et la laissant seule avec les trois gaillards. Elle tenta de s'éclipser mais ceux-ci voulurent savoir ce qui s'était passé, elle se mit à courir et en perdit deux dans les ruelles du village voisin Le troisième la coinça cependant, s'interrogeant toujours sur le comportement étrange de la jeune femme. Tifa le regarda, esquissa un sourire et lui envoya un jet d'ombre avant de l'assomer avec une décharge ténébreuse. Ensuite elle quitta précipitamment le village et se remit en route. Elle suivit le chemin qui menait au prochain village, longeant la forêt.

Alors qu'elle dressait le camp dans une cuvette abritée du vent et en partie dégagée, deux yeux n'arrêtèrent pas de l'épier depuis les buissons. Quand elle eut fini de cuire son repas, elle jeta une tranche de lard à la limite de son champ de vision, trop près pour que le loup (et non pas de bandits ou de dragons désolée) puisse le manger sans qu'elle le voie. Elle n'eut à attendre que deux minutes avant qu'ils ne s'avance, elle remarqua qu'il ne se reposait pas encore trop sur sa patte auparavant blessée, elle préférait cela, autant qu'il guérisse complètement avant de se remettre à courir.

Le loup repartit peu après mais elle devina qu'il restait assez proche. Elle eut un bref sourire et s'endormit, heureuse d'avoir ce compagnon à quatre pattes. Le lendemain, aux alentours de midi, elle arriva près d'une petite maison au flanc d'une colline. Elle ouvrit la porte de l'habitation et rentra dedans. D'un geste presque négligent, elle fit s'allumer un feu dans la cheminée et sortit un gigot d'une armoire qu'elle mit, avec un bol d'eau, devant la porte. Elle s'accroupit ensuite et attendit. Le loup se montra mais hésitait, il y avait un semblant de confiance entre lui et la jeune nécromancienne mais il n'aimait pas s'approcher des habitations, même la sienne qui était isolée.

Finalement, il se décida mais s'assit à quelques mètres d'elle et de la nourriture, la regardant de ses yeux ambrés. Elle baissa la tête, se retint de rire et avança d'un pas en poussant la gamelle en même temps, la bête avança à son tour d'un pas. Cette fois, elle le regardait dans les yeux. Elle recommença son manège et il l'imita, finalement à mi-chemin, ils furent face à face. Doucement, elle tendit la main vers le doux pelage. Elle sentit les musles du loup se contracter mais il ne bougea pas, elle le caressa doucement, une seule fois, puis recula et le laissa manger, ne gardant qu'une touffe de poils dans la main. Elle rentra et tira sur un crochet dans l'âtre, immédiatement, un tunnel s'ouvrit, s'enfonçant dans la colline. Elle pénétra à l"intérieur. Il faisait sombre mais elle connaissait le passage par coeur. Elle descendit les quelques marches et surveilla chaque anfractuosité, souriant à chaque fois qu'elle apercevait l'éclat blanc des gardes squelettes qui veillaient sur son laboratoire.

Arrivée dans une grande salle ovale qui devait se situer plus ou moins au milieu de la colline, elle commença par se diriger vers l'un des murs où s'étalaient sur de longues étagères plein de produits étranges et colorés dans des récipients de toutes les tailles et de toutes les formes. Elle en piocha quelques uns, s'approcha du mur opposé où étaient entreposée toute sa bibliothèque et chercha quelques minutes avant de tirer un livre. Ensuite, suivant les instructions, elle mesura, mélangea et produit un léger liquide bleuatre plutôt visqueux. Elle le rangea dans une petite fiole avant d'y tremper les poils du loup. La potion émit alors une légère lueur ambrée et attira un sourire sur le visage fatigué de la jeune nécromancienne. Ensuite elle attacha la fiole et la passa autour de son cou.

Elle referma son laboratoire et ressortit, le loup était parti, probablement digérer au soleil dans un lieu moins visible. Elle rentra à son tour, se prépara une collation et alla se coucher. Quand elle se réveilla, elle jeta un coup d'oeil à sa fenêtre et n'y vit que du blanc. Elle ouvrit sa porte, une couche de neige d'un peu moins d'un mètre était déjà contre. Elle regarda, tentant de percer l'obscurité du blizzard et d'apercevoir le loup. Un léger aboiement se fit entendre, reserrant sa cape autour d'elle, elle s'avança vers le semblant d'appentis qui était contre la maison et y retrouva le loup, à peine protégé de la neige. Il n'avait pas trouvé d'abri et avait tenté de s'abriter comme il le pouvait. Elle toucha son nouveau pendentif et ouvrit la bouche :

-Et si tu rentrais avec moi ? Il fait meilleur à l'intérieur.

Le loup la regarda (elle aurait juré l'avoir vu froncer les sourcils) et la suivit à l'intérieur. Elle referma aussitôt la porte et mit un torchon en dessous pour éviter que de la neige s'infiltre. Le loup s'était déjà couché devant le feu mais la regardait fixement. Elle alla s'asseoir et lui montra la fiole qu'elle avait faite un peu plus tôt.

-C'est cela qui me permet de te parler et de te comprendre. Tu n'es pas obligé de rester muet tu sais.

Elle avait été directe mais elle était quasi certaine que la bête la comprenait. Aussi ne fut-elle pas trop surprise quand elle entendit sa voix. Assez grave, chaude et avec quelque chose qui faisait comprendre qu'on ne parlait pas à un humain.

-Qui es-tu ?
-Je me nomme Tifa...
-Que veut dire ton nom ?
-Comment cela?
-Mon nom est Lunean, il signifie  celui qui court avec la Lune...
-Je ne sais pas ce que veut dire mon nom...

Le loup la regarda dans les yeux, ses yeux ambrés connectés à ceux noirs de la jeune fille. Elle le sentit sourire et il dit :

-Alors apprends.

Ils passèrent tout l'hiver et une bonne partie du printemps ensemble, Tifa avait du mal à s'accorder à la perception que le loup avait envers la nature. Méfiant et prudent dans la lande, il devenait une boule de poils grise incontrôlable quand ils allaient se ballader dans les collines environnantes. La jeune femme avait passé toute sa vie à cheval entre le monde des vivants et celui des morts, elle avait été initiée à la nécromancie et à l'alchimie. C'est d'ailleurs de la vente de potions, de charmes et de remèdes qu'elle vivait mais restait à l'écart, à la fois parce que les habitants n'aimaient pas fricoter avec la magie et pour plus de discrétion. Si un seul d'entre eux la pensait capable de nécromancie, elle aurait tôt fait d'être brûlée ou au moins en fuite. Hors de question ! Le loup lui avait été comme tout jeune mâle, exilé de sa meute natale. Blessé alors qu'il tentait d'attraper un lapin, il avait été poursuivi par un chasseur sur plusieurs kilomètres avant qu'il ne renonce à cause du blizzard qui s'était levé. C'est à ce moment là qu'elle l'avait trouvé et sauvé. Maintenant, à part une légère ligne blanche et une cicatrice où ne pousseraient plus de poils, sa patte avait entièrement guéri.

Un lien fort s'était malgré tout créé entre eux, et bien que depuis la fonte des neiges Lunean ne passe plus ses nuits à l'intérieur (Tifa regrettait d'ailleurs un peu la chaleur que lui prodiguait la bête quand il dormait contre elle), il s'était installé dans les environs et avait repris du poids et bien grandi. Or alors qu'elle l'apercevait régulièrement, elle n'eut pas de nouvelles pendant une semaine. Un peu inquiète, elle attendit encore deux jours, s'aventurant de plus en plus loin sans trouver aucune trace. Craignant qu'il ne lui soit arrivé quelque chose, elle fonça dans son laboratoire et créa un charme de recherche. Faute de temps (en créer un pointant exactement vers la cible aurait nécessité près de deux semaines) elle en créa un qui lui indiquait grossièrement l'emplacement du loup, elle s'équipa correctement et envoya en éclaireur un faucon squelette.

Elle marcha pendant deux jours, râlant la perte de son familier qui s'était fait attraper et déchiqueter par un véritable faucon alors qu'il volait près de son nid et inquiète au sujet de Lunean. Son seul apaisement était qu'il était vivant car si ce n'était pas le cas le charme aurait cessé de fonctionner. Le troisième jour, elle arriva en vue d'une zone encore très sauvage, aucune route, à peine quelques sentiers fait par le passage irrégulier d'animaux ou de rares chasseurs attirés par le nombre de faisans, de lapins et de biches qui habitaient les lieux. Elle savait que ce n'était pas le territoire natal de Lunean comme il venait du sud alors qu'elle se dirigeait vers le nord mais cette région pouvait très facilement abriter un clan de loups...

Le charme la guida vers les falaises proches, percées de grottes et de cavités. Elle passa la nuit à l'entrée de l'une d'elle, s'étonnant du nombre de tunnels qui s'étendaient à l'intérieur, ils auraient pu loger une petite armée à l'intérieur... Le charme commençait lui à indiquer une direction de plus en plus large. Vers midi, il commença à tourner sur lui même et elle s'inquiéta du sort de Lunean qui devait être très proche quand une ombre la recouvrit et qu'une masse atterit sur son dos. Imméditement, elle se retourna, prête à envoyer un sort sur son assaillant mais s'arrêta en sentant une langue chaude et rapeuse lui lécher le visage. Deux yeux ambrés qu'elle connaissait bien maintenant la fixaient. Elle donna une tape sur le museau de Lunean en riant avant de se dégager et de froncer les sourcils puis l'assaillir de questions : Qu'est ce qu'il faisait ici ? Où étaient passées ses bonnes manières ? Pourquoi il ne l'avait pas prévenue,... Il l'interrompit d'un seul mot.

-Regarde !


Il se retourna et bientôt, disparut dans les buissons. En maugréant, elle le suivit, s'écorchant un peu plus les mains et les genoux contre les branches et les épines. Elle se prit même le pied dans une racine et s'étala de tout son long, le haut de sa tête dépassant un peu du promontoire sur lequel elle se tenait. En bas, se trouvaient une louve et un jeune loup. En entendant un grognement, elle tourna la tête et vit le mâle qui devait être le dominant, un énorme loup, prêt à bondir. Heureusement pour elle, Lunean s'interposa et commença à parler au mâle qui arrêta de grogner et s'assit, fixant toujours ses yeux sur elle. Tifa comprit qu'en fait, Lunean était parti en exploration et avait eu envie de rentrer dans la meute qu'elle avait devant elle. Assez petite pensa-t-elle, un mâle, une louve et un jeune... Mais le coin était un petit paradis pour les loups qui n'avaient ici aucun prédateur et n'auraient aucun mal à éviter les quelques chasseurs. En silence, elle les regarda et un poids s'enleva de ses épaules quand le mâle se détourna et descendit du promontoire.

Lunean, lui, se tourna vers elle et la regarda en penchant la tête sur le côté, sans rien dire. Elle baissa la tête et ses cheveux cascadèrent le long de son cou pour former un écran noir entre ses yeux et ceux du loup. Elle soupira, elle n'allait quand même pas le forcer à rester près d'elle... Il mangeait beaucoup, c'était un loup et... elle s'était attachée à lui. Elle ne voulait pas qu'il rejoigne la meute et qu'elle retourne à sa vie monotone et secrète, seule. Mais c'était dans sa nature de rechercher une meute, tout comme la plupart des hommes vivent ensemble dans des villages parce qu'ils ne veulent pas être isolés. Sauf qu'elle oui... Elle était différente, elle ne pouvait se fondre dans la foule. Elle sourit tristement et s'apprêta à partir avant qu'elle ne puisse plus se retenir de demander à Lunean de rentrer avec elle.

Alors qu'elle repartait, elle fut légèrement tirée en arrière, Lunean avait attrapé sa cape et l'empêchait de partir. Elle tira son vêtement et se retourna vers lui, il la fixait sans ciller.

-Je ne peux pas rester, je suis... différente.
-Tu n'es pas une louve mais tu en as les qualités.
-Justement je ne suis pas une louve !
-Alors change.

Tifa le regarda, sans comprendre. Ensuite elle tourna les talons et repartit. Lunean ne la suivit pas, mais ne la quitta pas des yeux tant qu'il put l'observer et quand elle eut diparu de sa vue, il continua de fixer l'endroit où elle venait de s'enfoncer et disparaitre à son regard.  Revenue chez elle, Tifa s'enferma et bouquina pendant plusieurs jours, expérimentant plusieurs potions et mélanges compliqués.

Quelques jours plus tard, alors que Lunean s'apprêtait à sauter sur un lapin qui deviendrait son dîner, une ombre le recouvrit et il se retrouva le museau collé contre le sol. En se retournant, une langue chaude commença à lui lécher le visage. Il regarda la louve qui le surplombait, noire des oreilles au bout de la queue, avec deux yeux sombres qu'il reconnut immédiatement...


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